Les Bourses européennes reculent après l’inflation américaine et la chute mondiale des valeurs technologiques : DAX, CAC, FTSE100

The Frankfurt stock exchange

Les marchés actions européens ont reculé jeudi, pénalisés par une vague de ventes mondiale sur les valeurs technologiques et par des données sur l’inflation américaine supérieures aux attentes, qui ont ravivé les inquiétudes concernant les taux d’intérêt et les valorisations boursières.

L’indice paneuropéen Stoxx Europe 600 a perdu environ 0,35 %, effaçant sa légère progression de mercredi, tandis que les valeurs des semi-conducteurs et d’autres entreprises de croissance subissaient des pressions vendeuses.

Le DAX allemand a reculé de 0,5 %, tandis que le CAC 40 français a cédé 0,2 %. À Londres, le FTSE 100 a baissé de 0,1 %, reflétant la faiblesse générale des marchés actions européens.

Les baisses ont suivi les ventes enregistrées à Wall Street, qui se sont ensuite étendues aux marchés asiatiques avant d’atteindre l’Europe. Les entreprises technologiques ont été particulièrement affectées par les nouvelles préoccupations concernant les coûts d’emprunt et les perspectives des investissements liés à l’intelligence artificielle.

Les semi-conducteurs enregistrent les plus fortes baisses en Europe

Les entreprises européennes de semi-conducteurs ont subi certaines des pertes les plus importantes de la séance de jeudi, inversant l’amélioration du sentiment qui avait suivi la publication des résultats trimestriels d’ASML Holding la veille.

L’action ASML Holding (EU:ASML) a perdu 6,4 %, malgré les perspectives précédemment annoncées par le groupe concernant une hausse des ventes au quatrième trimestre.

ASM a reculé de 9,8 %, tandis que STMicroelectronics (BIT:STMMI) a cédé 7,1 %. Le fabricant allemand de semi-conducteurs Infineon (TG:IFX) a enregistré une baisse de 8,6 %.

BE Semiconductor Industries (EU:BESI) a également été affecté par les ventes généralisées dans le secteur, même si les chiffres disponibles ne précisaient pas l’ampleur de son recul.

La faiblesse s’est étendue au-delà des fabricants de semi-conducteurs, touchant les fournisseurs d’équipements et d’autres entreprises technologiques, les investisseurs réévaluant les valorisations après les dernières données sur l’inflation américaine.

Les résultats trimestriels d’ASML avaient initialement apporté un soutien aux valeurs technologiques européennes mercredi. Toutefois, cette amélioration s’est révélée temporaire, les préoccupations macroéconomiques revenant au premier plan.

L’inflation américaine ravive les inquiétudes sur les taux d’intérêt

Le repli des marchés a suivi la publication des données sur les prix à la consommation aux États-Unis, montrant une accélération de l’inflation globale à 3,7 % sur un an, tandis que l’inflation sous-jacente atteignait 2,6 %.

Ces chiffres ont entraîné une révision des anticipations concernant les taux d’intérêt, contribuant à la hausse des rendements des obligations d’État américaines et à une pression accrue sur les valorisations des entreprises technologiques.

Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans a atteint 5,266 %, selon les données de marché rapportées pendant la séance.

Des rendements obligataires plus élevés peuvent rendre les actions moins attractives par rapport aux placements à revenu fixe, particulièrement pour les entreprises de croissance dont les valorisations dépendent fortement des anticipations de bénéfices futurs.

Les pressions qui en ont résulté ont été particulièrement visibles dans les valeurs technologiques et les semi-conducteurs, qui ont suscité un intérêt important des investisseurs grâce à l’augmentation des dépenses consacrées aux infrastructures d’intelligence artificielle.

Les dernières données sur l’inflation ont également renforcé l’incertitude concernant les futures décisions de politique monétaire de la Réserve fédérale.

Des résultats contrastés en début de saison des publications européennes

Les investisseurs examinent également les premiers résultats du troisième trimestre afin d’évaluer la performance des entreprises européennes dans un contexte de coûts de financement élevés et de demande des consommateurs incertaine.

Le groupe français de luxe LVMH (EU:MC) a publié plus tôt dans la semaine des ventes trimestrielles inférieures aux attentes, suscitant des inquiétudes concernant la demande en Chine et les perspectives des dépenses discrétionnaires des consommateurs.

Ces résultats ont renforcé l’incertitude entourant le secteur du luxe, qui reste sensible aux variations de la confiance des consommateurs et des conditions économiques sur les principaux marchés internationaux.

De son côté, la publication trimestrielle d’ASML a présenté des perspectives plus favorables à court terme pour la demande d’équipements destinés à la fabrication de semi-conducteurs, soutenues par ses prévisions de ventes au quatrième trimestre.

Cependant, le groupe a également resserré sa prévision de chiffre d’affaires pour l’ensemble de l’année 2026, mettant en évidence des différences dans les tendances de demande entre les applications liées à l’intelligence artificielle et les autres marchés des semi-conducteurs.

Ces publications contrastées illustrent les performances inégales observées au début de la saison des résultats européens.

Les rendements obligataires et l’incertitude économique pèsent sur les actions

Les coûts d’emprunt élevés sont restés une préoccupation pour les investisseurs européens, tandis que les banques centrales continuent d’évaluer les pressions inflationnistes persistantes.

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a maintenu une position prudente sur la politique monétaire et rejeté les suggestions d’une intervention de la BCE spécifiquement destinée à soutenir la dette souveraine française.

Les rendements des obligations d’État et les écarts de coûts d’emprunt entre les pays de la zone euro demeurent des facteurs importants pour les investisseurs qui évaluent les marchés actions.

Des coûts de financement plus élevés peuvent affecter la rentabilité des entreprises, leurs décisions d’investissement et l’attrait relatif des actions par rapport aux obligations.

Les derniers mouvements de marché ont également reflété l’incertitude concernant les prix de l’énergie et les développements géopolitiques, qui continuent d’influencer les anticipations d’inflation.

Les actions européennes restent donc sensibles aux données économiques et aux publications de résultats. La baisse de jeudi a illustré l’influence des changements d’anticipations concernant les taux d’intérêt sur les valeurs technologiques et le sentiment général des investisseurs.

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