L’escalade du conflit soutient les cours du brut
Les prix du pétrole sont restés proches de leurs plus hauts niveaux en six semaines mercredi, les marchés évaluant l’intensification du conflit entre les États-Unis et l’Iran ainsi que les risques croissants de perturbations des approvisionnements énergétiques au Moyen-Orient.
À 04h12 ET (08h12 GMT), les contrats à terme sur le Brent échéance septembre, référence mondiale, progressaient de 3,4 % à 94,13 dollars le baril, tandis que les contrats à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) américain gagnaient 3,7 % à 87,42 dollars le baril.
Les deux références se dirigeaient vers une quatrième séance consécutive de hausse et évoluaient à leurs niveaux les plus élevés depuis le 11 juin. Les prix du pétrole ont progressé lors de six des sept dernières séances.
Les marchés surveillent les risques géopolitiques et maritimes
Les autorités américaines ont indiqué que les forces armées avaient mené des frappes contre des objectifs iraniens pour une onzième nuit consécutive tôt mercredi, visant des sites de lancement de missiles et de drones, des centres de commandement, des systèmes de défense aérienne et d’autres infrastructures militaires. Cette offensive reflète un renforcement de la pression exercée par Washington sur Téhéran, malgré la poursuite des efforts diplomatiques.
Mardi, le président Donald Trump s’est montré pessimiste quant aux discussions en déclarant que les États-Unis n’avaient « aucun intérêt à rencontrer » l’Iran. Les propos du secrétaire d’État américain Marco Rubio ont également soutenu les prix mercredi. Il a affirmé que Washington restait attaché à la voie diplomatique tout en accusant Téhéran d’avoir violé un accord concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Parallèlement, l’Iran a poursuivi ses attaques de représailles contre des positions militaires américaines dans la région, notamment à Bahreïn, au Koweït et en Jordanie.
Les investisseurs suivent également de près les menaces du mouvement houthi du Yémen, soutenu par l’Iran, qui a évoqué un blocus naval visant les navires liés à l’Arabie saoudite en mer Rouge. Cette annonce a déjà conduit certains pétroliers à modifier leurs itinéraires, alimentant les inquiétudes concernant les exportations de l’un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole.
« Cela obligerait les pétroliers à entrer et sortir de la mer Rouge via le canal de Suez, augmentant considérablement la durée et le coût des trajets vers l’Asie », ont indiqué les analystes d’ING dans une note.
Cette menace intervient alors que le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz est déjà perturbé par les hostilités en cours, accentuant les inquiétudes concernant les flux mondiaux de pétrole.
Les perturbations de l’offre se multiplient
Les exportations de pétrole du Kazakhstan via la mer Noire ont également subi de nouvelles perturbations après que le Caspian Pipeline Consortium (CPC) a suspendu les chargements de brut à la suite d’attaques répétées contre des pétroliers sur son terminal d’exportation russe.
« En tenant compte des nouvelles perturbations dans le golfe Persique, des risques pesant sur les exportations saoudiennes via la mer Rouge et des développements en mer Noire, on peut soutenir qu’un Brent à un peu plus de 91 dollars le baril est sous-évalué. En particulier si ces perturbations persistent jusqu’en août », ont ajouté les analystes d’ING.
Par ailleurs, l’American Petroleum Institute a annoncé mardi que les stocks américains de pétrole brut avaient augmenté de 2,603 millions de barils la semaine dernière, alors que les analystes anticipaient une baisse de 1,5 million de barils. Il s’agit de la première hausse des stocks en deux semaines.
Les investisseurs attendent désormais les chiffres officiels des stocks américains publiés plus tard mercredi par l’Energy Information Administration.









