Les cours du pétrole ont reculé vendredi 16 octobre 2026, tout en restant orientés vers des gains hebdomadaires, alors que les incertitudes concernant les approvisionnements du Moyen-Orient et une baisse plus importante que prévu des stocks de brut américains continuaient d’influencer les échanges.
À 07 h 47 GMT, les contrats à terme sur le Brent perdaient 47 cents, soit 0,44 %, à 105,45 dollars le baril, tandis que les contrats à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) américain reculaient de 62 cents, soit 0,63 %, à 97,35 dollars le baril.
Malgré les pertes de vendredi, le Brent se dirigeait vers une progression hebdomadaire de 0,72 %, tandis que le WTI avait gagné 5,9 %. La référence américaine avait augmenté de plus de 3 % jeudi après une forte diminution des stocks nationaux de brut, attribuée en partie aux interruptions de production provoquées par des ouragans.
Parallèlement, les marges de raffinage du diesel européen se sont affaiblies après que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a accepté de mettre des volumes supplémentaires de diesel sur le marché.
Les perturbations dans le détroit d’Ormuz soutiennent les prix du pétrole
Les inquiétudes concernant la fiabilité des expéditions de pétrole à travers le détroit d’Ormuz sont restées un facteur important pour les cours du brut.
Cette voie maritime stratégique constitue un passage essentiel pour les exportations énergétiques du Moyen-Orient, et la poursuite des opérations militaires a soulevé des interrogations sur la disponibilité des approvisionnements régionaux.
Les analystes d’ING ont indiqué que l’incertitude liée au conflit contribuait à maintenir les prix à des niveaux élevés.
« L’incertitude au Moyen-Orient et les inquiétudes concernant la pérennité des flux pétroliers à travers le détroit d’Ormuz conduisent le marché à intégrer une prime de risque importante dans les prix », ont écrit les analystes.
ING a ajouté qu’un accord entre les États-Unis et l’Iran serait nécessaire pour renforcer la confiance dans la possibilité d’une reprise durable des expéditions de pétrole depuis la région.
Selon le compte rendu, les attaques à proximité du détroit d’Ormuz se sont intensifiées au cours des dix derniers jours.
L’Iran a déclaré avoir renforcé ses frappes en réponse au blocus américain de ses ports et aux sanctions supplémentaires introduites le mois précédent.
Les données de navigation indiquent que les mouvements de pétrole à travers le détroit restent nettement inférieurs aux niveaux habituels.
Selon la société de suivi maritime Kpler, le volume total des transits par le détroit d’Ormuz a atteint en moyenne 11,62 millions de barils par jour pendant les sept jours se terminant le 13 octobre.
Ce chiffre représente environ 68 % du niveau de référence de 17,15 millions de barils par jour, soit une réduction d’environ 5,53 millions de barils quotidiens.
Les analystes de Kpler ont indiqué que la récente escalade avait encore davantage limité les expéditions régionales.
« L’intensification des attaques iraniennes a provoqué une forte diminution des flux de pétrole brut en provenance du Golfe », ont écrit les analystes dans un rapport publié jeudi.
Ils ont ajouté qu’en l’absence d’un accord politique global, la reprise des volumes de transit risquait de rester lente et irrégulière.
La baisse des stocks de brut américains soutient le WTI
Les cours du pétrole américain ont bénéficié d’un soutien supplémentaire lié à une forte diminution des stocks nationaux.
Les contrats à terme sur le WTI ont progressé de plus de 3 % jeudi après la publication de données montrant une réduction des stocks de brut américains supérieure aux attentes.
Cette baisse a été partiellement associée aux perturbations de la production provoquées par les ouragans.
Les interruptions temporaires de la production pétrolière en mer peuvent réduire la disponibilité de l’offre nationale et influencer les niveaux des stocks.
Les données sur les réserves ont contribué à la meilleure performance hebdomadaire du WTI par rapport au Brent.
Vendredi matin, la référence américaine affichait une progression de 5,9 % sur la semaine, contre une hausse de 0,72 % pour le Brent.
Les deux contrats ont néanmoins reculé pendant la séance de vendredi, les opérateurs évaluant les dernières évolutions de l’approvisionnement.
Les marges du diesel européen diminuent après la décision de l’AIE
Les marges de raffinage du diesel européen ont reculé après que l’Agence internationale de l’énergie a accepté jeudi de mettre plus de 20 millions de barils de diesel sur le marché.
Les marges ont diminué de près de 2 % vendredi, à 78,67 dollars le baril.
Cette décision vise à accroître les volumes disponibles alors que le marché du diesel subit des tensions importantes liées aux perturbations géopolitiques.
Les marges européennes du diesel avaient atteint environ 95 dollars le baril en septembre, lorsque les approvisionnements s’étaient resserrés en raison des conflits impliquant l’Ukraine et l’Iran.
La mise sur le marché de volumes supplémentaires pourrait apporter un certain soulagement à court terme, même si son effet dépendra des conditions du marché et de la répartition des quantités libérées.
La baisse des marges de raffinage contraste avec la progression générale des cours du brut au cours de la semaine.
Le conflit régional accroît les risques pesant sur l’approvisionnement énergétique
Les développements dans d’autres parties du Moyen-Orient ont renforcé les inquiétudes concernant la sécurité régionale et les infrastructures énergétiques.
Jeudi, les forces houthies ont tiré des missiles en direction du complexe du palais présidentiel d’Aden, dans le sud du Yémen, tuant deux gardes, selon le compte rendu.
La coalition dirigée par l’Arabie saoudite et opérant au Yémen a également signalé des dizaines d’attaques visant des infrastructures saoudiennes, dans un contexte d’intensification du conflit.
Ces événements ont contribué à l’incertitude géopolitique plus générale qui influence les marchés de l’énergie.
Les activités militaires à proximité des routes maritimes et des installations énergétiques peuvent avoir des répercussions sur les coûts de transport, la disponibilité des approvisionnements et les primes de risque intégrées aux prix du pétrole.
Les États-Unis envisagent d’assouplir les sanctions visant certains pétroliers
L’administration Trump examinerait la possibilité de lever les sanctions visant certains navires associés à la « flotte fantôme », selon les déclarations faites mercredi par un responsable américain.
Ces navires ont précédemment transporté du pétrole brut et des produits pétroliers provenant notamment de Russie, d’Iran et du Venezuela.
Les discussions visent à répondre aux coûts records du fret maritime mondial, qui ont augmenté les dépenses liées au transport des produits énergétiques.
Ces modifications potentielles interviennent après la suspension temporaire, annoncée plus tôt dans la semaine par le président Donald Trump, des sanctions visant le diesel russe.
Cette décision a suscité des critiques de la part du président ukrainien Volodymyr Zelenskiy, de gouvernements européens et de certains élus républicains aux États-Unis.
Le rapport ne confirme aucune décision définitive concernant une levée plus large des sanctions imposées aux navires de la flotte fantôme.
D’éventuels changements pourraient influencer la disponibilité des pétroliers et les coûts de transport, même si leur impact dépendrait de la portée et de la mise en œuvre des mesures.
Les perspectives du pétrole restent liées à l’évolution de l’approvisionnement
Les cours du pétrole se dirigeaient vers des gains hebdomadaires malgré leur recul vendredi, le WTI surperformant le Brent après une importante diminution des stocks américains de brut.
Le marché continuait de refléter les incertitudes concernant les expéditions à travers le détroit d’Ormuz, où les volumes signalés restent considérablement inférieurs aux niveaux habituels.
Dans le même temps, la décision de l’AIE de mettre des volumes supplémentaires de diesel sur le marché a apporté un certain soulagement aux marchés européens des produits raffinés.
Les investisseurs continueront de surveiller les développements concernant l’Iran, la sécurité des routes maritimes du Moyen-Orient, les stocks américains de brut et les éventuelles modifications des sanctions énergétiques américaines.
Ces facteurs restent essentiels pour les anticipations concernant l’approvisionnement et les prix mondiaux du pétrole.

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