Les marchés actions européens ont progressé vendredi, récupérant une partie des pertes enregistrées plus tôt dans la semaine à la faveur d’une modération de la volatilité sur les marchés obligataires. Les principaux indices régionaux restaient toutefois orientés vers une baisse hebdomadaire, dans un contexte d’inquiétudes concernant les finances publiques françaises, la hausse des coûts d’emprunt et les tensions géopolitiques.
L’indice paneuropéen Stoxx Europe 600 a avancé de 0,8 % en début de séance, après avoir atteint la veille son niveau le plus bas depuis près de quatre mois.
Le CAC 40 français et le FTSE 100 britannique ont chacun gagné 0,8 %, tandis que l’IBEX 35 espagnol a progressé de 1 %.
Malgré ce rebond, le Stoxx Europe 600 affichait encore un recul d’environ 1 % sur la semaine, reflétant plusieurs séances de ventes sur les marchés européens des actions et des obligations.
Les préoccupations des investisseurs se sont notamment concentrées sur les perspectives budgétaires de la France, dont la dette publique devrait approcher 120 % du produit intérieur brut.
Le gouvernement français doit également faire face à des difficultés politiques pour mettre en œuvre les réductions de dépenses proposées, d’un montant de 54 milliards d’euros, compte tenu de la composition fragmentée de l’Assemblée nationale.
Ces inquiétudes ont contribué aux ventes d’obligations d’État françaises en début de semaine, poussant le rendement de référence à 10 ans vers son niveau le plus élevé depuis environ 25 ans.
L’écart entre les rendements des obligations d’État françaises et allemandes a dépassé 140 points de base, reflétant l’augmentation de la prime exigée par les investisseurs pour détenir de la dette souveraine française.
Les tensions se sont également étendues aux obligations d’État italiennes et grecques, tandis que la hausse des rendements souverains a alimenté les préoccupations concernant les valorisations boursières et les conditions de financement des entreprises.
Les actions françaises ont figuré parmi les moins performantes de la semaine.
Le CAC 40 est resté proche de ses plus bas niveaux depuis mars et se dirigeait vers un recul hebdomadaire supérieur à 2 %, ce qui constituerait sa deuxième semaine consécutive de baisse.
Les valeurs bancaires françaises ont subi des pressions vendeuses, notamment BNP Paribas (EU:BNP), Crédit Agricole (EU:ACA) et Société Générale (EU:GLE).
Les investisseurs ont évalué les conséquences potentielles de la hausse des rendements souverains sur les portefeuilles de titres des banques, leurs coûts de refinancement et leur exposition au risque de crédit.
La hausse des coûts d’emprunt des États peut réduire la valeur de marché des obligations à taux fixe déjà détenues, même si l’incidence financière dépend de la structure des portefeuilles, des classifications comptables et des dispositifs de gestion des risques propres à chaque banque.
Des informations faisant état d’importantes émissions obligataires par de grandes entreprises technologiques américaines ont également contribué au contexte général des marchés de taux.
L’augmentation de l’offre d’obligations d’entreprises peut entrer en concurrence avec la dette souveraine pour attirer les capitaux des investisseurs, influençant potentiellement les coûts de financement et les écarts de crédit.
Les développements sur les marchés de l’énergie ont ajouté des incertitudes au cours de la semaine.
Les attaques de missiles et de drones visant des navires commerciaux et des infrastructures énergétiques dans le golfe Persique et en mer Rouge ont alimenté les inquiétudes concernant d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement.
Les prix du pétrole brut ont dépassé 100 dollars le baril, tandis que ceux du gaz naturel de gros en Europe ont franchi 80 euros par mégawattheure pendant la période.
La hausse des prix de l’énergie peut accroître les coûts supportés par les entreprises et les ménages européens, tout en compliquant les perspectives d’inflation pour les banques centrales.
Les anticipations de politique monétaire ont également constitué un facteur important pour les investisseurs.
Le compte rendu de la réunion de septembre de la Réserve fédérale américaine a indiqué qu’une majorité de responsables monétaires américains jugeaient nécessaires de nouvelles hausses des taux d’intérêt avant la fin de l’année.
La perspective d’un resserrement monétaire supplémentaire a contribué aux incertitudes concernant l’évolution des coûts d’emprunt mondiaux et de l’activité économique.
En France, le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, a qualifié la situation économique du pays de « sérieuse », tout en indiquant qu’une intervention de la Banque centrale européenne n’était pas nécessaire.
Ses déclarations sont intervenues alors que le débat se poursuivait sur la situation budgétaire française et les conséquences potentielles de coûts d’emprunt souverains élevés.
Les hausses enregistrées vendredi ont constitué un rebond partiel après les pertes de la semaine, sans pour autant inverser la tendance générale des marchés.
Les actions européennes restent sensibles à l’évolution des marchés obligataires souverains, aux prix de l’énergie, aux décisions des banques centrales et aux perspectives politiques entourant les finances publiques françaises.

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