Les cours du pétrole ont nettement reculé mercredi, prolongeant leurs pertes de la séance précédente alors que plusieurs informations faisaient état de progrès dans les efforts diplomatiques visant à réduire les hostilités au Moyen-Orient et à rétablir la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Les contrats à terme sur le Brent ont chuté de 2,6 % à 86,30 dollars le baril à 04h17 ET, soit 08h17 GMT, tandis que ceux sur le West Texas Intermediate américain ont reculé de 2,7 % à 80,18 dollars.
Ce nouveau mouvement fait suite à une baisse de plus de 5 % mardi, après que les médias russes ont rapporté que les États-Unis et l’Iran seraient proches d’un nouvel accord de cessez-le-feu.
Des informations évoquent un possible nouveau cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran
L’agence de presse publique russe RIA Novosti a rapporté que Washington et Téhéran se rapprochaient d’un accord, citant des sources pakistanaises et iraniennes.
Selon ces informations, l’accord comprendrait des dispositions permettant une navigation sans entrave dans le détroit d’Ormuz et pourrait être annoncé dans les prochains jours. Investing.com a indiqué ne pas avoir pu vérifier immédiatement les informations de RIA.
Cette publication est intervenue après que des responsables pakistanais ont déclaré que des progrès avaient été accomplis dans les efforts de médiation avec l’Iran et que les discussions avaient notamment porté sur le rétablissement d’un cessez-le-feu provisoire.
Le Pakistan a joué un rôle important de médiateur régional pendant le conflit entre les États-Unis et l’Iran et avait également contribué à négocier une trêve entre les deux parties en juin.
L’Iran et Oman auraient convenu d’une route temporaire à travers Ormuz
Par ailleurs, Al Jazeera a rapporté qu’un haut responsable iranien avait déclaré que l’Iran et Oman s’étaient entendus sur la création d’une route temporaire à travers le détroit d’Ormuz après des discussions diplomatiques à Téhéran.
Le responsable aurait toutefois souligné que le détroit ne rouvrirait pas complètement tant que les États-Unis n’auraient pas respecté les engagements pris dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu signé en juin.
La perspective d’une reprise plus importante du trafic commercial dans le détroit a réduit une partie de la prime de risque liée à l’approvisionnement intégrée aux cours du brut.
Les analystes de Vital Knowledge ont toutefois estimé qu’avec la possibilité d’une reprise des combats toujours « juste au coin de la rue », les prix du pétrole ne devraient pas revenir complètement à leurs niveaux d’avant le conflit.
« [Un] facteur de risque géopolitique sera intégré de façon permanente dans le prix », ont-ils déclaré.
Le trafic des pétroliers reste fortement limité
La navigation dans le détroit d’Ormuz reste très réduite, les compagnies maritimes cherchant à éviter d’exposer leurs navires au risque d’attaques.
Les données préliminaires de Kpler citées par CNBC montrent que seulement cinq navires transportant des matières premières ont traversé le détroit mardi, contre une moyenne mobile sur dix jours de 15.
Avant le début du conflit à la fin du mois de février, environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié passait par cette voie maritime.
Les discussions entre l’Iran et Oman interviennent également un jour après l’imposition par les États-Unis de sanctions économiques plus strictes contre Téhéran, Washington ayant indiqué privilégier une pression financière accrue plutôt que de nouvelles frappes militaires.
Alors que les développements diplomatiques continuent d’influencer les anticipations concernant l’offre, les cours du brut devraient rester très sensibles aux prochaines évolutions impliquant l’Iran, Oman et le détroit d’Ormuz.

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