Airbus (EU:AIR) a publié une forte baisse de ses résultats au premier trimestre, pénalisée par un recul des livraisons d’avions commerciaux et des effets de change défavorables, tandis que les analystes soulignent que les enjeux d’exécution et de calendrier restent déterminants pour les perspectives.
L’action progressait de 1,7 % à 06h00 ET (10h00 GMT).
Airbus a enregistré un chiffre d’affaires de 12,7 milliards d’euros, en baisse de 7 % sur un an et légèrement inférieur au consensus de 12,87 milliards d’euros. L’EBIT ajusté a chuté à 300 millions d’euros contre 624 millions un an plus tôt, tandis que le bénéfice par action a reculé à 0,74 euro contre 1,01 euro.
La division avions commerciaux a été la principale source de faiblesse. Les livraisons ont reculé à 114 appareils contre 136 un an auparavant, entraînant une baisse de l’EBIT ajusté à 81 millions d’euros contre 494 millions, également affecté par un taux de couverture moins favorable.
Le flux de trésorerie disponible avant financement client s’est transformé en une sortie de 2,5 milliards d’euros, contre une entrée de 310 millions un an plus tôt, reflétant la baisse des livraisons et une accumulation volontaire de stocks liée à la montée en cadence de la production.
La division Défense et Espace a apporté un soutien partiel, avec un chiffre d’affaires en hausse de 7 % à 2,8 milliards d’euros et un EBIT ajusté presque doublé à 130 millions d’euros.
Le directeur général Guillaume Faury a déclaré qu’Airbus poursuivait la montée en cadence de sa production « as per our plan while navigating the shortage of Pratt & Whitney engines », ajoutant que l’environnement opérationnel restait « dynamic and complex ».
Les analystes de Barclays estiment que la faiblesse du trimestre relève principalement d’un effet de calendrier plutôt que d’une détérioration de la demande.
Ils ont mis en avant un décalage entre production et livraisons, principalement lié à des retards administratifs affectant environ 20 appareils destinés à des clients chinois. Ces problèmes étant désormais résolus, un rattrapage est attendu dans les prochains mois.
« From here, the focus remains execution, with delivery acceleration key to restoring confidence », ont indiqué les analystes.
Barclays souligne également qu’Airbus a confirmé ses objectifs pour 2026, incluant environ 870 livraisons d’avions, un EBIT ajusté de 7,5 milliards d’euros et un flux de trésorerie libre de 4,5 milliards d’euros, reflétant la confiance du groupe dans un second semestre plus solide malgré un début d’année difficile.
Le courtier ajoute que le premier trimestre « served as a reminder of the execution hurdles » auxquels le groupe reste confronté, notamment des tensions persistantes dans la chaîne d’approvisionnement, bien qu’à un niveau moins marqué.
Si la rentabilité de la division avions commerciaux a légèrement dépassé les attentes prudentes de Barclays, les marges globales restent « very modest », soulignant l’importance d’une accélération des livraisons au cours de l’année.

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