Les contrats à terme sur les actions américaines ont progressé mardi à l’approche de la dernière séance du premier trimestre, soutenus par des informations selon lesquelles le président américain Donald Trump envisagerait de mettre fin à la campagne militaire en Iran même si le détroit d’Ormuz reste fermé. Les marchés de l’énergie restent toutefois sous pression après qu’un pétrolier koweïtien a pris feu près de Dubaï à la suite de ce qui a été décrit comme une attaque iranienne. Les investisseurs surveillent également les données à venir sur les offres d’emploi aux États-Unis ainsi que les nouvelles statistiques d’inflation de la zone euro.
Les futures américains progressent
Les contrats à terme sur les actions américaines ont augmenté tôt mardi alors que le conflit impliquant l’Iran continue d’influencer les marchés mondiaux.
À 03h29 ET, les futures sur le Dow avaient progressé de 333 points, soit 0,7 %, les futures sur le S&P 500 gagnaient 42 points, soit 0,7 %, et les futures sur le Nasdaq 100 augmentaient de 137 points, soit 0,6 %.
Wall Street a terminé la séance de lundi sur une note mitigée. Le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont tous deux reculé, tandis que le Dow Jones Industrial Average a enregistré une légère hausse.
Plus tôt dans la séance, les actions avaient progressé après que le président Trump eut déclaré sur les réseaux sociaux que les négociations avec l’Iran faisaient « de grands progrès. » Dans le même temps, il a averti que les États-Unis pourraient viser des centrales électriques et d’autres infrastructures critiques en Iran si les discussions échouaient à rouvrir le détroit d’Ormuz.
« Alors que Trump et la Maison-Blanche tentent de présenter l’état des négociations sous un jour très positif, les investisseurs prêtent beaucoup plus attention aux développements réels de la guerre », ont écrit les analystes de Vital Knowledge dans une note adressée aux clients.
Le conflit continue de s’intensifier au Moyen-Orient, avec des échanges de frappes aériennes entre les différentes parties et une implication croissante des rebelles houthis au Yémen, alliés de l’Iran. Cette extension du conflit a renforcé les craintes de perturbations dans les flux essentiels de transport pétrolier. Pendant ce temps, Téhéran a rejeté les déclarations américaines concernant l’état des négociations et a largement repoussé une proposition de paix en 15 points présentée par Washington.
Trump serait ouvert à la fin de la campagne contre l’Iran sans rouvrir Hormuz
Selon un rapport du Wall Street Journal, Trump aurait indiqué à ses conseillers qu’il serait prêt à mettre fin à l’opération militaire contre l’Iran même si le détroit d’Ormuz restait en grande partie fermé.
Des responsables cités par le journal ont déclaré que les tentatives visant à rouvrir complètement le détroit pourraient prolonger le conflit au-delà du délai de quatre à six semaines initialement envisagé par le président. Washington pourrait plutôt chercher à réduire progressivement les hostilités après avoir atteint ses principaux objectifs, notamment affaiblir les capacités navales iraniennes et réduire ses stocks de missiles.
Les États-Unis tenteraient ensuite de faire pression sur Téhéran par la voie diplomatique afin de rouvrir cette voie maritime. Si ces efforts échouaient, Washington pourrait demander aux alliés européens et du Golfe de prendre la tête des initiatives visant à rétablir l’accès au détroit.
Le détroit d’Ormuz est devenu un point central du conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Téhéran a effectivement bloqué le passage à l’aide de mines navales et de frappes de missiles. Cette voie maritime est essentielle pour l’approvisionnement énergétique mondial, représentant environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole.
Le pétrole reste au-dessus de 110 dollars
La perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a provoqué une forte hausse des prix mondiaux de l’énergie ces dernières semaines.
Le Brent, référence mondiale du pétrole, est monté au-dessus de 110 dollars le baril, contre environ 70 dollars avant le début du conflit. Mardi, le contrat Brent pour livraison en mai progressait de 0,5 % à 113,39 dollars le baril.
Ajoutant à la pression sur les prix, un pétrolier koweïtien a pris feu près de Dubaï après ce que son propriétaire a décrit comme une attaque iranienne. Depuis le début du conflit fin février, l’Iran a ciblé des infrastructures énergétiques dans tout le Golfe persique, suscitant des inquiétudes concernant les approvisionnements pour plusieurs pays d’Asie et d’Europe qui dépendent de ces ressources pour de nombreux secteurs industriels.
Entre-temps, le parlement iranien a approuvé un plan préliminaire visant à imposer un péage aux navires traversant le détroit d’Ormuz, selon l’agence semi-officielle Fars.
« Un péage ou un accès sélectif par Hormuz maintiendrait une prime de risque persistante sur le pétrole, car les flux pourraient être restreints à court préavis, tandis que des coûts d’assurance et de fret plus élevés augmenteraient les prix de livraison même sans fermeture totale », ont indiqué les analystes d’ING dans une note.
Les données JOLTS à venir
Sur le plan économique, les marchés surveilleront la dernière enquête américaine sur les offres d’emploi et la rotation de la main-d’œuvre, connue sous le nom de JOLTS, qui sert d’indicateur de la demande de travail.
Les économistes s’attendent à ce que le rapport montre 6,89 millions de postes vacants en février, contre 6,946 millions en janvier.
Bien que ces données couvrent en grande partie une période antérieure à l’escalade du conflit au Moyen-Orient, elles restent étroitement surveillées comme indicateur de la solidité du marché du travail avant le choc géopolitique. Le rapport servira également de prélude au rapport plus complet sur les emplois non agricoles de mars, attendu vendredi.
Les responsables de la Réserve fédérale suivront attentivement les données sur l’emploi de cette semaine, qui influenceront la manière dont la banque centrale évalue le marché du travail à un moment où les pressions inflationnistes commencent à s’accumuler. L’emploi et l’inflation constituent les deux principaux piliers de la politique monétaire de la Fed.
L’inflation de la zone euro en ligne de mire
Les investisseurs attendent également la publication des données d’inflation de la zone euro pour mars, qui pourraient fournir de nouvelles indications sur l’impact économique du conflit au Moyen-Orient.
L’Europe dépend fortement des importations de gaz naturel en provenance du Golfe, notamment du Qatar, où certaines installations de production auraient été visées par des frappes aériennes iraniennes.
Les responsables de la Banque centrale européenne (BCE) ont indiqué que des hausses de taux pourraient être envisagées si la hausse des prix de l’énergie ravivait les pressions inflationnistes dans la zone euro. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a déclaré que les responsables politiques pourraient devoir agir même si la hausse des prix ne s’avérait pas trop persistante.
Les économistes s’attendent à ce que l’inflation globale atteigne 2,6 % en mars, contre 1,9 % en février. L’objectif d’inflation à moyen terme de la BCE reste 2,0 %.
Les anticipations d’une éventuelle hausse des taux de la BCE ont entraîné une hausse des rendements des obligations souveraines européennes ces dernières séances, bien qu’ils aient peu évolué mardi avant la publication de l’indice des prix à la consommation. Les rendements évoluent généralement à l’inverse des prix des obligations.