Les rendements des obligations d’État françaises ont fortement augmenté lundi, les investisseurs réagissant aux inquiétudes concernant les finances publiques du pays et à la persistance de l’incertitude politique, tandis que l’euro est tombé à son plus bas niveau depuis 17 mois face au dollar américain.
Sur la partie courte de la courbe des taux, le rendement de l’obligation d’État française à deux ans a progressé de près de 76 points de base au cours de la séance pour atteindre 4,467 %, avant de retomber à 3,69 %.
Les ventes ont également touché les échéances plus longues, le rendement de l’obligation française à cinq ans augmentant pour une neuvième séance consécutive.
Ces mouvements ont creusé l’écart entre les coûts d’emprunt français et allemands, les investisseurs réduisant leur exposition à la dette souveraine française tout en augmentant leurs allocations aux obligations d’État allemandes.
Les CDS français atteignent leur plus haut niveau depuis 2013
Le coût de l’assurance contre un défaut sur la dette souveraine française a également augmenté.
Selon Reuters, les contrats d’échange sur risque de crédit (CDS) à cinq ans de la France se négociaient autour de 87 points de base, leur niveau le plus élevé depuis 2013.
Les mouvements sur le marché de la dette française ont également affecté le marché des changes, l’euro tombant à son plus bas niveau depuis 17 mois face au dollar américain.
Les rendements obligataires allemands reculent
Les obligations d’État allemandes ont évolué dans la direction opposée, alors que la demande pour ces titres augmentait.
Le rendement de l’obligation d’État allemande à 10 ans, qui constitue une référence pour les marchés obligataires de la zone euro, s’est négocié près de son plus bas niveau depuis près d’un mois.
Le rendement du Bund allemand à deux ans a reculé à 3,01 %, égalant également son plus bas niveau depuis près d’un mois.
Les mouvements divergents des obligations d’État françaises et allemandes ont accru l’écart de rendement entre les deux pays.
Les PMI de la zone euro et les responsables de la BCE au centre de l’attention
Les investisseurs attendent également les données préliminaires de septembre sur l’indice PMI composite de la zone euro afin d’obtenir de nouvelles indications sur l’activité économique dans la région, notamment sur les effets potentiels des coûts élevés de l’énergie.
L’attention se portera également sur les interventions prévues de Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne, et d’Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE.
Les investisseurs surveilleront leurs commentaires sur la conjoncture économique et l’évolution des marchés de la dette souveraine alors que les écarts de coûts d’emprunt au sein de la zone euro se creusent.

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