Les rendements des emprunts d’État de la zone euro ont progressé sur l’ensemble des maturités jeudi, alors que les investisseurs évaluaient des données d’activité économique plus élevées en Europe et aux États-Unis ainsi que leurs implications pour la politique monétaire.
Le rendement du Bund allemand à 10 ans, l’une des principales références pour la dette souveraine de la zone euro, est monté à 3,549 %.
Ce mouvement fait suite à la hausse enregistrée mercredi, lorsque le rendement à 10 ans avait connu sa plus forte progression quotidienne depuis plus de deux mois.
Sur la partie courte de la courbe, le rendement du Schatz allemand à deux ans a atteint 3,303 %, son niveau le plus élevé depuis septembre 2023. Lors de la séance précédente, il avait enregistré sa plus forte hausse quotidienne depuis près de deux semaines.
L’activité économique accélère dans la zone euro
Les indices préliminaires des directeurs d’achat (PMI) ont indiqué que l’activité économique de la zone euro avait progressé à son rythme le plus rapide depuis plus de trois ans.
Les chiffres ont dépassé les prévisions des économistes et ont contribué à modifier les anticipations du marché concernant l’évolution future des taux d’intérêt.
Des données d’enquête distinctes aux États-Unis ont également indiqué une poursuite de l’activité dans les secteurs des services et de l’industrie manufacturière.
Après la publication de ces données, les marchés monétaires ont réduit leurs anticipations de baisses des taux d’intérêt à court terme.
Les marchés réévaluent les perspectives de taux de la BCE
Les données économiques ont également contribué à renforcer les anticipations du marché selon lesquelles la Banque centrale européenne pourrait maintenir une politique monétaire restrictive plus longtemps ou envisager de nouvelles hausses de taux.
Les investisseurs évaluent l’impact potentiel des coûts des intrants liés à l’énergie sur l’inflation sous-jacente et les conséquences possibles pour les futures décisions de la BCE.
Ces anticipations reflètent les prix de marché et ne constituent pas des décisions de politique monétaire déjà confirmées par la BCE.
Les rendements américains influencent également le marché européen
Les mouvements observés sur le marché obligataire européen ont coïncidé avec une hausse des rendements aux États-Unis, où les investisseurs réévaluaient également les perspectives de politique monétaire de la Réserve fédérale.
Selon les données des marchés à terme fournies, les investisseurs intégraient une probabilité d’environ 70 % d’une hausse des taux de la Réserve fédérale en octobre.
Il s’agit d’une probabilité implicite dans les prix de marché et non d’une indication que la Réserve fédérale relèvera nécessairement ses taux lors de cette réunion.
La dette souveraine française reste sous surveillance
La dette publique française est également restée au centre de l’attention alors que les investisseurs suivaient les discussions budgétaires du pays et les projections concernant le ratio dette/PIB.
Selon les données fournies, le coût de l’assurance contre le risque lié à la dette souveraine française via les contrats d’échange sur risque de crédit est resté proche de ses plus hauts niveaux depuis plusieurs années.
L’écart de rendement entre les OAT françaises à 10 ans et les Bunds allemands est resté élevé, reflétant une tarification différente par le marché de la dette publique des deux pays.

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