Les prix du pétrole ont reculé jeudi alors que les investisseurs analysaient les conséquences des nouvelles frappes militaires américaines contre l’Iran et leur impact potentiel sur les négociations visant à mettre fin au conflit et à permettre la réouverture complète du détroit d’Ormuz, l’une des principales voies maritimes énergétiques mondiales.
Les contrats à terme sur le Brent ont perdu 1,03 dollar, soit 1,32 %, à 76,99 dollars le baril à 07h49 GMT. Le West Texas Intermediate (WTI) américain reculait de 88 cents, soit 1,2 %, à 72,64 dollars le baril.
Les deux références avaient atteint mercredi leur plus haut niveau depuis le 22 juin.
Les tensions géopolitiques continuent d’alimenter les marchés
Le Brent et le WTI avaient gagné plus d’un dollar après la clôture de mercredi à la suite d’une nouvelle vague de frappes américaines contre des objectifs iraniens. Téhéran a riposté en lançant des attaques contre le Koweït et Bahreïn, ravivant les craintes d’une nouvelle escalade susceptible de compromettre les efforts diplomatiques.
Washington a indiqué que ces frappes répondaient à l’attaque menée mardi contre trois navires marchands dans le détroit d’Ormuz. Elles sont intervenues quelques heures après que le président américain Donald Trump a déclaré que le cessez-le-feu provisoire avec l’Iran était « terminé ».
« Les opérateurs réévaluent désormais la situation, notamment parce que de nombreuses incertitudes subsistent concernant les flux pétroliers à travers le détroit d’Ormuz », a déclaré Tim Waterer, analyste en chef chez KCM Trade.
« La possibilité que la prochaine étape soit une désescalade est actuellement ce qui empêche les prix du pétrole de progresser de manière plus marquée. »
Donald Trump a ensuite indiqué que l’Iran avait pris contact avec les États-Unis « il y a quelque temps » afin de conclure un accord.
Le détroit d’Ormuz demeure au cœur des préoccupations
Selon des sources du secteur de l’assurance, plusieurs assureurs spécialisés dans les risques de guerre ont recommandé aux compagnies maritimes de suspendre temporairement leurs traversées du détroit d’Ormuz, tandis que d’autres réexaminent leurs conditions de couverture après les nouvelles attaques contre des navires commerciaux.
Avant cette dernière escalade, les prix du pétrole reculaient grâce à l’amélioration de l’offre au Moyen-Orient après le cessez-le-feu ainsi qu’à des signes de hausse des stocks mondiaux.
Avant le début du conflit, environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitaient par le détroit d’Ormuz, qui demeure un levier stratégique majeur pour l’Iran.
Les analystes restent prudents sur les perspectives
Goldman Sachs estime que les risques pesant sur les exportations de pétrole du Golfe et sur les prix à court terme restent équilibrés.
La banque prévoit un retour à la normale des flux d’ici la fin juillet si les négociations reprennent, si les exemptions de sanctions sur le pétrole iranien sont rétablies et si les compagnies maritimes obtiennent des garanties de sécurité suffisantes. Dans ce scénario, les flux via le détroit d’Ormuz augmenteraient d’environ 6,6 millions de barils par jour.
En revanche, Goldman Sachs avertit qu’un échec des discussions, de nouvelles attaques contre les pétroliers ou un éventuel blocus américain des exportations iraniennes pourraient entraîner de nouvelles perturbations.
« Dans notre scénario central, le Brent devrait évoluer entre 75 et 85 dollars le baril au cours du mois prochain, avec un léger biais haussier », a déclaré Aneeka Gupta, directrice de la recherche macroéconomique chez WisdomTree.
« La reprise de l’offre est réelle mais incomplète, le scénario d’un excédent d’offre n’est plus crédible et le dialogue diplomatique, bien qu’au point mort, n’a pas totalement disparu. »
Par ailleurs, la Russie a interdit mercredi les exportations de diesel afin de soutenir son marché intérieur après que les attaques de drones ukrainiens contre plusieurs raffineries ont provoqué des pénuries de carburant et une hausse des prix.

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