Les prix de l’or ont poursuivi leur recul lundi, atteignant leur niveau le plus faible depuis près de trois mois, alors que des données économiques américaines plus solides que prévu ont renforcé les anticipations d’un maintien prolongé de taux d’intérêt élevés par la Réserve fédérale. Parallèlement, la hausse des prix du pétrole a ravivé les inquiétudes concernant l’inflation.
L’or au comptant reculait de 0,8 % à 4.296,08 dollars l’once à 02h49 ET (06h49 GMT), son niveau le plus bas depuis le 23 mars. Les contrats à terme sur l’or américain pour livraison en août cédaient également 1 % à 4.322,60 dollars l’once.
Le métal précieux est sous pression depuis vendredi, lorsqu’il avait perdu plus de 3 % après que les investisseurs ont réévalué les perspectives de la politique monétaire américaine à la suite d’un rapport sur l’emploi meilleur qu’attendu.
De solides chiffres de l’emploi réduisent les espoirs de baisse des taux
Les statistiques publiées vendredi ont montré que l’économie américaine avait créé 172.000 emplois en mai, un chiffre largement supérieur aux prévisions des économistes. Le taux de chômage est resté stable à 4,3 %.
La vigueur du marché du travail a conduit les opérateurs à réduire leurs anticipations de baisse des taux cette année, entraînant une hausse des rendements des obligations du Trésor américain et du dollar. Des rendements plus élevés et un billet vert plus fort réduisent généralement l’attrait de l’or, qui ne génère aucun rendement.
« Malgré l’absence de signaux cohérents dans les données du marché du travail, nous intégrons désormais pleinement une hausse des taux lors de la réunion du FOMC de décembre », ont indiqué les analystes d’ING dans une récente note.
L’indice du dollar américain évoluait globalement à l’équilibre lors des échanges asiatiques de lundi, après avoir atteint un sommet de deux mois lors de la séance précédente.
Les tensions au Moyen-Orient propulsent les prix du pétrole
Les développements géopolitiques sont restés au premier plan après qu’Israël a annoncé avoir frappé des cibles militaires dans l’ouest et le centre de l’Iran, ainsi qu’une installation pétrochimique près de Mahshahr. Ces frappes constituent l’une des attaques les plus importantes contre des infrastructures énergétiques iraniennes depuis le cessez-le-feu conclu en avril.
Cette nouvelle escalade est intervenue après plusieurs vagues de missiles iraniens lancés contre Israël en réponse à une frappe israélienne près de Beyrouth.
Les marchés pétroliers ont vivement réagi à la reprise des tensions, avec une hausse de près de 5 % des prix du brut lundi. Ce rebond a renforcé les craintes selon lesquelles l’augmentation des coûts de l’énergie pourrait accentuer les pressions inflationnistes mondiales et compliquer la tâche des banques centrales.
Bien que l’or soit traditionnellement considéré comme une valeur refuge en période d’incertitude géopolitique, le soutien lié à la demande de protection a été largement contrebalancé par la vigueur du dollar et les anticipations d’une politique monétaire américaine plus restrictive.
L’argent et le platine également sous pression
Les autres métaux précieux ont également évolué en baisse. L’argent a reculé de 1,2 % à 677,00 dollars l’once, tandis que le platine a perdu 0,9 % à 1.764,58 dollars l’once.
Du côté des métaux industriels, les contrats à terme sur le cuivre de référence au London Metal Exchange ont progressé de 0,3 % à 13.543,33 dollars la tonne. Les contrats à terme sur le cuivre américain ont en revanche cédé 0,1 % à 6,28 dollars la livre.

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