Citi prévoit un cycle de croissance pluriannuel du gaz naturel dans le bassin permien

Gas pipes

Le bassin permien entre dans une phase pluriannuelle d’expansion des infrastructures de gaz naturel qui pourrait contribuer à réduire les contraintes d’évacuation affectant depuis longtemps la région, selon les analystes de Citi.

La banque estime que le cycle d’investissement actuel se distingue des précédents, car le développement des infrastructures repose sur des sources de demande plus durables. La croissance des exportations américaines de GNL et l’augmentation des besoins en électricité des centres de données liés à l’intelligence artificielle incitent le secteur à investir plus tôt et à plus grande échelle.

Citi s’attend à ce que le Permian devienne à terme le plus grand bassin producteur de gaz naturel des États-Unis, en complément de sa position actuelle de première région productrice de pétrole du pays.

Les nouveaux projets pourraient réduire les pressions sur les prix à Waha

Citi considère quatre projets récemment annoncés comme un important point d’inflexion pour le marché du gaz du Permian. Associés aux augmentations de capacité annoncées précédemment et à l’accélération des exportations américaines de GNL, ces projets devraient contribuer à réduire les écarts de prix au Waha Hub.

L’amélioration des capacités d’évacuation pourrait également soutenir jusqu’en 2030 la rentabilité des activités de forage principalement orientées vers le pétrole dans le Permian, en facilitant le transport vers les marchés finaux du gaz naturel produit parallèlement au brut.

La production de gaz du Permian est passée de 17,2 milliards de pieds cubes par jour en 2021 à environ 27,6 bcf/d en 2025. Le développement des gazoducs n’a pas suivi le même rythme, contribuant à d’importantes distorsions de prix à Waha en 2024 et 2025. Ces conditions se sont encore aggravées au premier semestre 2026.

Le GNL et les centres de données soutiennent la demande à long terme

Les volumes d’exportation de GNL des États-Unis devraient augmenter sensiblement jusqu’à la fin de la décennie, créant un débouché supplémentaire pour la croissance de la production nationale de gaz.

Le Short-Term Energy Outlook d’août 2026 de l’U.S. Energy Information Administration prévoit que la consommation de gaz naturel du secteur électrique atteindra un record de 46,1 bcf/d durant l’été 2027. Cela représenterait une hausse d’environ 6 % par rapport aux niveaux observés durant les étés 2025 et 2026.

Au sein de l’ERCOT, la production d’électricité à partir de gaz naturel devrait augmenter d’environ 22 % entre l’été 2025 et l’été 2027, principalement sous l’effet de la croissance de la demande des centres de données.

Les régulateurs du Texas ont toutefois suspendu plus tôt ce mois-ci les nouvelles autorisations d’interconnexion, conduisant l’EIA à revoir à la baisse son estimation pour 2027.

Les producteurs du Permian devraient sécuriser leurs capacités de transport

Citi s’attend à ce que les sociétés d’exploration et de production du Permian cherchent de plus en plus à sécuriser des capacités fermes grâce à des participations dans les gazoducs et à des engagements contractuels à long terme.

La banque a notamment cité Devon Energy et Diamondback Energy (NASDAQ:FANG) via Solitude, ainsi qu’Exxon Mobil avec Targa Resources, comme exemples de cette stratégie.

La sécurisation des capacités pourrait offrir aux producteurs une meilleure visibilité sur leur capacité à acheminer hors du bassin le gaz naturel associé à mesure que la production continue d’augmenter.

Les stocks de gaz progressent moins rapidement que prévu

Les actions des sociétés d’exploration et de production spécialisées dans le gaz ont progressé d’environ 4,4 % au cours du dernier mois, malgré la stabilité des prix à terme du gaz naturel et la faiblesse persistante des prix des contrats à échéance rapprochée.

Le modèle de Citi consacré à l’offre, à la demande et au stockage suggère également que le marché est légèrement plus tendu que prévu.

Au cours du dernier mois, les augmentations effectives des stocks sont restées systématiquement inférieures aux prévisions de Citi, avec un écart moyen d’environ 1,6 bcf/d.

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