Les prix du pétrole ont progressé de plus de 1 % mardi après avoir fortement chuté lors de la séance précédente, les déclarations contradictoires de Washington et de Téhéran ravivant les inquiétudes concernant les risques que les tensions au Moyen-Orient continuent de faire peser sur les approvisionnements mondiaux en brut.
À 00h34 ET (04h34 GMT), les contrats à terme sur le Brent échéance octobre gagnaient 1,4 % à 84,94 dollars le baril, tandis que les contrats sur le West Texas Intermediate (WTI) échéance septembre progressaient de 1 % à 81,14 dollars le baril.
Les deux références avaient perdu environ 5 % lundi après que des informations eurent nourri l’espoir d’une reprise des discussions entre les États-Unis et l’Iran.
Des déclarations opposées entretiennent le doute
Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que des discussions avec l’Iran étaient en cours, les qualifiant de « dernière chance » pour Téhéran de parvenir à un accord.
« Nous parlons du détroit, de l’ouverture du détroit, de son ouverture littéralement d’ici demain », a déclaré Trump aux journalistes dans le Bureau ovale lundi.
L’Iran a toutefois rejeté ces affirmations. Les médias d’État ont cité le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, qui a indiqué qu’aucune négociation avec les États-Unis n’était actuellement en cours. Il a ajouté que l’Iran travaillait avec Oman afin d’établir un itinéraire pour le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Ces déclarations contradictoires ont conduit les opérateurs à adopter une approche prudente après la forte baisse enregistrée lundi.
Les marchés gardent les yeux sur le détroit d’Ormuz
La chute des prix lundi est intervenue après que Donald Trump a annoncé avoir annulé des frappes américaines prévues contre l’Iran et privilégié une reprise des efforts diplomatiques avec Téhéran.
« L’ampleur de la baisse semble assez excessive compte tenu du niveau d’incertitude qui subsiste. Nous avons déjà connu cette situation à plusieurs reprises avant de voir les choses se détériorer », ont indiqué les analystes d’ING dans une note.
« Et avec l’Iran qui nie toute discussion en cours et Trump qui lance des avertissements si aucun accord n’aboutit, le contexte laisse clairement la porte ouverte à une nouvelle escalade », ont-ils ajouté.
Le détroit d’Ormuz demeure un point de surveillance essentiel pour les marchés de l’énergie, puisqu’environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole transite habituellement par cette voie maritime stratégique.
Les exportations américaines de brut tombent à un plus bas de huit mois
Par ailleurs, les données publiées lundi montrent que les exportations américaines de pétrole brut ont reculé à 3,66 millions de barils par jour en juillet, leur plus faible niveau depuis huit mois.
Cette baisse reflète une demande plus faible pour le pétrole américain, l’augmentation des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient après le cessez-le-feu temporaire de juin ayant offert davantage d’alternatives aux acheteurs.

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