Les prix de l’or ont progressé modestement jeudi, le repli des cours du pétrole contribuant à apaiser les craintes d’une nouvelle poussée inflationniste, tandis que les investisseurs continuaient de suivre les développements des négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran et attendaient des décisions importantes des banques centrales.
À 05h29 ET (09h29 GMT), l’or au comptant gagnait 0,2 % à 4 079,70 dollars l’once, après avoir atteint plus tôt dans la séance son plus bas niveau depuis plus de six mois. Les contrats à terme sur l’or reculaient toutefois de 0,8 % à 4 100,65 dollars l’once.
Le sentiment du marché s’est amélioré après des informations indiquant que les efforts diplomatiques entre Washington et Téhéran se poursuivaient malgré les échanges militaires continus entre les deux pays.
Les négociations de paix se poursuivent malgré l’escalade militaire
CNN a rapporté jeudi que des responsables américains et iraniens avaient poursuivi leurs discussions concernant un éventuel accord de paix au cours de la nuit, alors même que les deux parties lançaient de nouvelles frappes aériennes pour la deuxième journée consécutive.
Par ailleurs, Reuters a cité des sources iraniennes affirmant que des négociations étaient toujours en cours sur un cadre préliminaire qui pourrait inclure des mesures visant à débloquer des fonds iraniens gelés. Selon le rapport, les efforts visant à conclure un accord se sont intensifiés ces derniers jours.
Malgré ces contacts diplomatiques, l’incertitude demeure élevée. Le président Donald Trump a averti que de nouvelles actions militaires pourraient être menées contre l’Iran si Téhéran n’acceptait pas immédiatement un accord de paix.
Les derniers développements militaires ont vu les forces américaines frapper plusieurs cibles à travers l’Iran entre la fin de la journée de mercredi et les premières heures de jeudi. Dans un communiqué, le Commandement central des États-Unis a qualifié ces frappes d’« autodéfense » après la destruction d’un hélicoptère américain près du détroit d’Ormuz plus tôt dans la semaine.
L’Iran a riposté en menant des attaques contre plusieurs installations militaires américaines et positions alliées dans la région du Golfe. Selon des informations relayées par les médias, des explosions ont été entendues au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie, bien que ces informations n’aient pas été confirmées de manière indépendante.
Téhéran a également affirmé avoir interrompu tout le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, une déclaration rejetée par le CENTCOM. Ce dernier épisode intervient après une série de frappes intermittentes entre les deux pays au cours des deux dernières semaines, dans un contexte de tensions régionales plus larges.
L’Iran a également poursuivi ses échanges de frappes avec Israël dans le cadre des opérations israéliennes contre les forces du Hezbollah soutenues par Téhéran au Liban.
Le repli du pétrole soutient les métaux précieux
Le Brent, référence internationale du marché pétrolier, a reculé au cours de la séance de jeudi, effaçant une partie des gains enregistrés après la dernière escalade militaire.
Bien que les prix du pétrole restent nettement supérieurs aux niveaux observés avant le début du conflit, ce recul récent a contribué à réduire certaines inquiétudes liées à une nouvelle accélération de l’inflation.
La hausse des coûts énergétiques constitue une préoccupation majeure pour les marchés financiers, les investisseurs craignant que des banques centrales telles que la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne soient contraintes d’adopter une politique monétaire plus restrictive. Des taux d’intérêt plus élevés ont généralement tendance à peser sur l’or, qui ne génère aucun rendement.
Les inquiétudes inflationnistes se sont renforcées mercredi après la publication de données montrant que les prix à la consommation aux États-Unis augmentaient au rythme le plus rapide depuis plusieurs années, principalement en raison de la hausse des prix de l’essence. Les investisseurs attendent désormais les chiffres des prix à la production américains, prévus plus tard dans la journée de jeudi, afin d’obtenir de nouvelles indications sur l’évolution de l’inflation.
Les anticipations de taux d’intérêt restent au centre de l’attention
Selon l’outil FedWatch du CME, les marchés anticipent désormais une hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale avant la fin de l’année 2026.
L’attention se porte également sur la Banque centrale européenne, qui devrait annoncer un relèvement de ses taux à l’issue de sa réunion de politique monétaire de deux jours. Les responsables monétaires cherchent à contenir les pressions inflationnistes dans la zone euro, où la hausse des prix demeure élevée.
Parallèlement, le dollar américain s’est renforcé depuis le début du conflit à la fin du mois de février, créant un obstacle supplémentaire pour le marché de l’or. Un dollar plus fort tend en effet à rendre le métal précieux plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres devises.
Jeudi, l’indice du dollar américain progressait de 0,1 % à 100,09.

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