Les prix du pétrole prolongent leur baisse alors que les espoirs de désescalade avec l’Iran s’améliorent

Les prix du pétrole ont enregistré une deuxième séance consécutive de repli vendredi après que le président américain Donald Trump a renoncé à ses projets d’action militaire contre l’Iran, apaisant les craintes d’une nouvelle escalade du conflit après une série d’attaques réciproques survenues plus tôt dans la semaine.

À 06h40 GMT, les contrats à terme sur le Brent reculaient de 2,11 dollars, soit 2,3 %, à 88,27 dollars le baril, tandis que le pétrole brut américain West Texas Intermediate perdait 1,90 dollar, soit 2,2 %, à 85,81 dollars le baril.

Trump évoque une possible avancée diplomatique

La dernière baisse des prix du pétrole a suivi les déclarations de Donald Trump jeudi, selon lesquelles les négociations avec l’Iran avaient suffisamment progressé pour éviter les frappes militaires prévues.

Le président américain a indiqué que les discussions avançaient et a laissé entendre qu’un accord de paix permettant la réouverture du détroit d’Ormuz au trafic maritime international pourrait être signé dès ce week-end, même si les autorités iraniennes ont souligné qu’aucune décision finale n’avait encore été prise.

Selon Tony Sycamore, analyste de marché chez IG, « Même si cela pourrait bien sûr n’être qu’un nouvel espoir déçu, la réaction du marché a été à la fois rapide et décisive. »

Il a ajouté que, malgré le récent repli des prix du pétrole, « tant que les prix se maintiendront au-dessus du support situé dans le bas de la fourchette des 80 dollars, les risques resteront clairement orientés à la hausse. »

Le détroit d’Ormuz reste au centre de l’attention

Le détroit d’Ormuz demeure l’un des principaux points d’attention des marchés en raison de son rôle crucial dans le transport mondial de l’énergie.

Jeudi, l’Iran a annoncé « la fermeture » de cette voie maritime stratégique, où le trafic était déjà fortement restreint depuis plusieurs mois. Téhéran a averti que tout navire tentant de traverser le détroit pourrait faire l’objet d’une intervention militaire.

En temps normal, environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitent par le détroit d’Ormuz, ce qui fait de toute perturbation un sujet de préoccupation majeur pour les marchés énergétiques mondiaux.

Les médias d’État iraniens ont rapporté vendredi que les forces du pays avaient empêché un pétrolier de traverser le détroit sans coordination préalable.

Cependant, l’armée américaine a affirmé sur les réseaux sociaux que les navires commerciaux continuaient de circuler dans cette voie maritime.

Les analystes appellent à la prudence

Malgré la réaction positive des marchés aux avancées diplomatiques, les analystes ont averti que les risques restaient élevés.

Dans une note publiée vendredi, les analystes d’ING ont déclaré : « Nous serions prudents avant de considérer comme acquis le prolongement du cessez-le-feu. Même s’il se concrétise, il pourrait rester fragile. Et il est évident que si les discussions sur le nucléaire n’avancent pas, l’accord pourrait très facilement s’effondrer. »

La banque a également averti que la poursuite des restrictions sur les flux pétroliers pourrait provoquer une nouvelle flambée des prix au cours de l’été.

« Nous estimons que le marché atteindra un point d’inflexion vers la fin du mois de juillet si nous ne constatons pas une reprise des flux pétroliers avant cette échéance. À ce moment-là, les niveaux de stocks et une demande saisonnière plus forte pourraient pousser les prix nettement plus haut, vers 120 à 130 dollars le baril. »

L’OPEP abaisse ses prévisions de croissance de la demande pour 2026

Par ailleurs, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole a revu à la baisse ses prévisions concernant la croissance de la demande mondiale de pétrole en 2026.

Le groupe de producteurs a abaissé son estimation à 970 000 barils par jour, contre une prévision précédente de 1,17 million de barils par jour, marquant ainsi sa deuxième révision baissière consécutive.

Toutefois, l’OPEP s’est montrée plus optimiste concernant les perspectives de demande à plus long terme et a relevé ses prévisions pour 2027.

L’organisation prévoit désormais une augmentation de la demande mondiale de pétrole de 1,73 million de barils par jour en 2027, soit une révision à la hausse de 190 000 barils par jour par rapport à son estimation précédente.

Le marché équilibre perspectives de demande et risques géopolitiques

Si les perspectives plus faibles de croissance de la demande ont pesé sur les prix du pétrole, les investisseurs continuent de surveiller de près les développements géopolitiques au Moyen-Orient.

La perspective d’un accord diplomatique entre Washington et Téhéran a contribué à apaiser les inquiétudes immédiates concernant l’approvisionnement, mais l’incertitude entourant l’avenir du détroit d’Ormuz et l’évolution des négociations nucléaires continue d’exposer les marchés énergétiques à de nouvelles périodes de volatilité.

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