Les prix de l’or ont baissé mardi après les nouvelles actions militaires des États-Unis contre l’Iran, qui ont réduit l’optimisme autour d’un éventuel accord susceptible de rouvrir le détroit d’Hormuz et d’atténuer les inquiétudes liées à une poussée inflationniste provoquée par l’énergie.
L’or au comptant a reculé de 0,9% à 4.529,38 dollars l’once à 06h13 ET (10h13 GMT), tandis que les contrats à terme sur l’or progressaient légèrement de 0,1% à 4.561,80 dollars l’once.
Les tensions au Moyen-Orient réduisent les espoirs d’avancée diplomatique
Les métaux précieux avaient auparavant progressé après les informations du week-end indiquant des avancées dans les négociations entre Washington et Téhéran visant à parvenir à un accord de paix et à rétablir le trafic maritime à travers le détroit d’Hormuz.
Cependant, le sentiment de marché s’est retourné après que l’armée américaine a confirmé de nouvelles frappes contre l’Iran. Selon les médias américains, les forces américaines ont ciblé des embarcations poseuses de mines dans le sud de l’Iran, le Commandement central américain présentant l’opération comme une mesure défensive.
Le CENTCOM a également affirmé que le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran restait en vigueur. Par ailleurs, des responsables iraniens ont averti que toute nouvelle attaque contre les infrastructures militaires du pays entraînerait des représailles.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a ensuite déclaré que parvenir à un accord officiel pourrait “prendre quelques jours”, ajoutant toutefois que le détroit d’Hormuz serait rouvert “d’une manière ou d’une autre.”
La hausse du pétrole et des rendements obligataires pèse sur le métal précieux
Dans ce contexte, les prix de référence du pétrole sont repartis à la hausse, exerçant une pression supplémentaire sur le marché de l’or.
Les analystes de UBS ont indiqué que l’or avait développé une relation inverse de plus en plus marquée avec les rendements des obligations d’État, récemment soutenus par les anticipations selon lesquelles les principales banques centrales, notamment la Réserve fédérale américaine et la Banque centrale européenne, pourraient continuer à resserrer leur politique monétaire afin de contenir les pressions inflationnistes liées au pétrole.
Les marchés anticipent actuellement une probabilité de 40% que la Réserve fédérale relève ses taux d’intérêt de 25 points de base d’ici la fin de 2027. Les actifs non rémunérateurs comme l’or ont tendance à sous-performer dans un environnement de taux élevés.
Le renforcement du dollar accentue la pression sur l’or
Les analystes d’UBS ont également souligné que la hausse des rendements obligataires coïncidait avec un nouveau renforcement du dollar américain, ce qui rend potentiellement l’or plus coûteux pour les acheteurs internationaux.
L’indice du dollar américain, qui mesure la devise face à un panier de six monnaies majeures, a progressé de 1,3% au cours des trois derniers mois.
“Les prix de l’or ont eu du mal à retrouver de l’élan, car la hausse des rendements obligataires américains, l’évolution des attentes concernant les banques centrales et le renforcement renouvelé du dollar américain réintroduisent dans le marché des préoccupations liées au coût d’opportunité,” ont écrit les analystes d’UBS dans une note abaissant leur prévision de prix de l’or pour la fin de l’année.

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