Les actions d’Ipsen SA (EU:IPN) ont chuté de plus de 4 % lundi malgré la publication de résultats encourageants issus d’une étude intermédiaire sur son neurotoxine à longue durée d’action corabotase, les investisseurs restant préoccupés par les incertitudes entourant la stratégie commerciale du produit et le litige arbitral en cours avec Galderma.
Corabotase affiche des résultats encourageants
De nouvelles données présentées lors du symposium Scale à Nashville ce week-end ont montré que 60,8 % des patients traités par corabotase conservaient une amélioration cliniquement significative de la sévérité des rides du lion après six mois. À titre de comparaison, la toxine déjà commercialisée par Ipsen, Dysport, a enregistré un taux de réponse de 36,7 %, tandis que le placebo affichait seulement 0,2 %.
Après quatre semaines, 66 % des patients traités par corabotase avaient atteint le critère principal de l’étude portant sur une amélioration esthétique significative, contre aucun patient dans le groupe placebo.
Ipsen a également indiqué que la satisfaction des patients restait élevée jusqu’à la semaine 24, avec 82,8 % des participants se déclarant “satisfaits” ou “très satisfaits”. Le groupe a ajouté que le traitement montrait un début d’action en moins d’une journée.
Les analystes soulignent les incertitudes commerciales
Les analystes d’UBS, qui maintiennent une recommandation “neutre” sur le titre Ipsen avec un objectif de cours de 170 euros, ont qualifié les données de réponse à six mois de “très encourageantes”.
La banque a souligné que ces résultats se comparaient favorablement à ceux de Relfydess, le produit concurrent à longue durée d’action développé par Galderma, qui avait affiché un taux de réponse de 23,6 % au même stade de six mois dans une autre étude avancée.
UBS a toutefois averti que les comparaisons directes entre essais cliniques distincts devaient être interprétées avec prudence.
Le courtier estime que plusieurs questions importantes restent en suspens, notamment concernant l’adoption potentielle d’une toxine à six mois de durée d’action par les médecins, alors que les produits à durée plus courte favorisent généralement davantage de visites répétées en clinique.
UBS a également évoqué des interrogations concernant la rapidité d’avancement du programme de phase III LAURITE d’Ipsen ainsi que la stratégie que le groupe adoptera après l’issue de la procédure d’arbitrage avec Galderma.
Selon le courtier, le “plein potentiel commercial” de corabotase dépendra largement des décisions prises par Ipsen après la résolution du litige.
Ipsen poursuit son programme de développement de phase III
Ipsen a confirmé avoir retenu la dose de 50 nanogrammes de corabotase pour la poursuite des essais dans le cadre de son programme de phase III LAURITE.
Le groupe prévoit également de publier plus tard cette année des données supplémentaires de preuve de concept issues de l’étude LANTIC en cours, qui évalue le traitement sur les rides du front et les rides de la patte-d’oie.
Contrairement aux neurotoxines classiques dérivées de toxines naturelles, corabotase est conçu de manière synthétique, une approche qui, selon Ipsen, permet d’optimiser la liaison aux récepteurs, l’absorption cellulaire et la résistance à la dégradation.

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