Le titre Orange progresse après un relèvement de Goldman qui met en avant un potentiel organique

Les actions de Orange S.A. (EU:ORA) ont gagné 2,5 % mardi après que Goldman Sachs a relevé sa recommandation à l’achat contre neutre, avec un objectif de cours à 12 mois de 21,60 €, soit un potentiel de hausse d’environ 22 % par rapport à la clôture de lundi.

Cette révision reflète l’opinion de Goldman selon laquelle les investisseurs se concentrent trop sur une éventuelle consolidation du marché français, au détriment d’un potentiel de croissance organique propre à Orange.

La consolidation en France ne fait pas tout

Orange participe à un consortium avec Bouygues Telecom et Free (groupe Iliad), qui a entamé en avril des négociations exclusives pour acquérir SFR, le deuxième opérateur mobile français, pour 20,4 milliards d’euros. Si cette opération capte l’attention du marché, Goldman estime que le potentiel de hausse d’Orange existe indépendamment de son issue.

Amélioration attendue des rendements et baisse des investissements

Goldman prévoit désormais une amélioration d’environ 3 points de pourcentage du rendement du capital investi (ROIC) sur les cinq prochaines années, contre seulement 1 point dans ses hypothèses de janvier et nettement au-dessus de la moyenne du secteur.

La banque anticipe également une baisse structurelle de l’intensité des investissements, liée à la fin progressive des déploiements de la fibre en France et en Espagne.

Avec environ 95 % du territoire français couvert par la fibre et l’interdiction de la publicité pour l’ADSL depuis janvier 2026, les analystes estiment que la phase la plus coûteuse du cycle d’investissement est désormais largement derrière l’entreprise.

Goldman prévoit que le ratio capex/chiffre d’affaires en France tombera à 15,6 % d’ici 2028, puis à 13,8 % en 2030. En Espagne, il anticipe un niveau de 11 %, inférieur aux 12 % attendus par le consensus.

Perspective positive pour MasOrange

Goldman se montre également plus optimiste que le marché concernant MasOrange, la coentreprise d’Orange en Espagne. La banque table sur une croissance annuelle structurelle de l’EBITDA d’environ 3 %, hors synergies, soutenue par une position concurrentielle solide dans un marché plus concentré.

Le marché mobile espagnol compte environ 3,25 acteurs, contre près de quatre en moyenne en Europe. Goldman estime également que le segment des infrastructures fixes pourrait évoluer vers une structure plus proche d’un duopole via des coentreprises, notamment avec Vodafone Espagne.

« Cela pourrait générer des gains d’efficacité significatifs tant pour la coentreprise que pour les coûts opérationnels de MasOrange à moyen terme », ont déclaré les analystes dirigés par Andrew Lee dans une note.

Une valorisation toujours attractive

Les analystes ont ajouté que, même sans intégrer les effets d’une éventuelle consolidation en France, la valorisation d’Orange « ne semble pas excessive, même après la récente surperformance du titre liée aux perspectives de consolidation en France, et en excluant les bénéfices potentiels en termes de croissance et de rendement d’un accord finalisé ».

« Nous nous attendons à des résultats supérieurs aux attentes et à des relèvements de prévisions au premier semestre 2026, ce qui pourrait servir de catalyseur », ont-ils conclu.

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