Les actions de Accor SA (EU:AC) ont légèrement reculé vendredi après que le groupe a publié un chiffre d’affaires du premier trimestre inférieur aux attentes, l’impact du conflit au Moyen-Orient ayant pesé sur l’activité hôtelière et de restauration dans la région malgré une demande mondiale solide.
Le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 1,31 milliard d’euros sur les trois mois à fin mars, en hausse de 2,3% à taux de change constants mais en baisse de 2,7% en données publiées sous l’effet de vents contraires liés aux devises. Ce niveau est inférieur au consensus des analystes, estimé à environ 1,33 milliard d’euros.
Une demande solide mais freinée par des facteurs externes
Le revenu par chambre disponible (RevPAR), indicateur clé du secteur, a progressé de 5,1% à l’échelle du groupe, dépassant nettement les attentes du marché d’environ 3,6% et les estimations de JPMorgan Chase à 3,2%.
La division Luxe et Lifestyle a tiré la performance avec une hausse de 6%, tandis que les segments Premium, Milieu de gamme et Économique ont progressé de 4,5%.
L’écart entre la baisse du chiffre d’affaires et la progression du RevPAR s’explique par plusieurs éléments, notamment l’effet négatif des devises, la cession des activités déficitaires “Festive” chez Paris Society (impact de 21 millions d’euros) et le fort ralentissement de l’activité de restauration chez Rikas à Dubaï, qui représente environ 10% de la division Hotels, Assets and Other.
Impact régional contrasté
Les Émirats arabes unis, qui représentent environ 3% du réseau du groupe, ont enregistré une baisse de 9% du RevPAR, la plus marquée de la région.
La direction a indiqué que l’Arabie saoudite et l’Égypte résistaient mieux. En dehors du Moyen-Orient, Accor a souligné une dynamique solide au Brésil, en Thaïlande, en Indonésie, à Singapour et au Japon, tandis que l’Europe est restée globalement résiliente.
Les analystes de JPMorgan Chase ont estimé que les prévisions pourraient être légèrement revues à la baisse en raison de la durée plus longue du conflit, de la hausse des tarifs aériens et de possibles perturbations du carburant aviation, ainsi que du risque d’un affaiblissement de la demande des consommateurs à l’approche de l’été.
« Nous pensons qu’il y a des éléments positifs et négatifs, mais le titre a été faible avant la publication des résultats », ont déclaré les analystes de UBS.
Perspectives et stratégie
Le directeur général Sébastien Bazin a déclaré que « l’empreinte géographique diversifiée » du groupe et sa « capacité d’adaptation » renforcent sa confiance dans une amélioration de la performance sur l’ensemble de l’année, ajoutant que des mesures ont été prises pour « minimiser l’impact de la situation ».
Il n’a pas fourni de fourchette chiffrée pour l’EBITDA, la direction indiquant qu’une vision plus précise sera communiquée lors de la publication des résultats semestriels fin juillet.
Croissance et retour aux actionnaires
La croissance nette du nombre d’unités, à 3,8%, est restée conforme aux attentes, avec 48 hôtels et plus de 6.700 chambres ajoutés au cours du trimestre. Le pipeline de développement s’élève à 260.000 chambres réparties sur 1.545 hôtels.
Accor a également lancé le 2 avril une première tranche de 225 millions d’euros de son programme de rachat d’actions de 450 millions d’euros.
Le titre se négocie actuellement autour de 10,3 fois l’EV/EBITDA estimé pour 2027, en dessous de sa moyenne sur cinq ans avant la pandémie, qui était de 11,2 fois.

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