L’action Renault (EU:RNO) s’est inscrite en baisse vendredi après que Barclays a abaissé sa recommandation sur le constructeur automobile français à « Pondération en ligne » contre « Surpondérer », à la suite du fort rebond du titre depuis ses plus bas de juin.
La banque a maintenu son objectif de cours à 31,50 €, mais estime que la récente progression de l’action a réduit son potentiel de hausse supplémentaire. Renault a gagné environ 15 % depuis ses points bas de juin, surperformant l’indice automobile européen SXAP d’environ cinq points de pourcentage sur la même période.
L’action Renault reculait de 1,6 % dans les premiers échanges à Paris à 07h11 GMT.
Barclays souligne la solidité des marges et du bilan
Malgré cette dégradation, Barclays reste favorable à plusieurs éléments du dossier Renault.
La banque met notamment en avant des marges relativement solides par rapport aux autres constructeurs automobiles européens, un bilan robuste ainsi que des perspectives satisfaisantes en matière de rémunération des actionnaires. L’engagement de Renault à augmenter chaque année son dividende en valeur absolue constitue également un facteur de soutien.
Barclays souligne par ailleurs la qualité des technologies et de la gamme de produits du constructeur, notamment dans le domaine des véhicules électriques à batterie.
La récente décision de Ford de confier à Renault la fabrication sous contrat de petits véhicules électriques destinés au marché européen est citée comme une illustration des compétences du groupe français dans ce domaine.
Barclays réduit ses prévisions de bénéfices jusqu’en 2028
La banque a néanmoins abaissé de 3 % à 6 % ses estimations d’EBIT ajusté pour Renault sur la période 2026-2028 après la publication des résultats du premier semestre.
Ces révisions reflètent les inquiétudes concernant l’intensité de la concurrence sur le marché automobile européen et l’ampleur des réductions de coûts nécessaires pour préserver la rentabilité.
La direction vise environ 400 € d’économies annuelles par véhicule d’ici 2028. Selon Barclays, cet objectif représenterait environ 1 milliard d’euros d’économies par an, soit près de 30 % de l’EBIT du groupe attendu en 2026.
« Mais la concurrence dans l’UE est très rude, ce qui nécessite d’énormes économies », ont déclaré les analystes de Barclays, ajoutant que si le directeur général François Provost a fait preuve d’un sentiment d’urgence, « l’ampleur des économies nécessaires semble très importante ».
Le second semestre dépendra davantage des économies de coûts
Les résultats de Renault au premier semestre ont dépassé les attentes du consensus en matière de chiffre d’affaires, de marge EBIT et de flux de trésorerie disponible. Barclays estime toutefois que plusieurs facteurs temporaires ont contribué à cette performance.
Parmi ceux-ci figurent la reconstitution des stocks, une capitalisation plus importante des dépenses de recherche et développement ainsi que des effets favorables liés au calendrier du fonds de roulement.
Renault a dégagé une marge EBIT de 5,2 % au premier semestre. Selon Barclays, les résultats du second semestre et de l’ensemble de l’exercice 2026 dépendront d’économies de coûts nettement supérieures à celles réalisées au cours des six premiers mois.
L’abaissement de la recommandation traduit ainsi un profil risque-rendement devenu plus équilibré après le récent rebond de l’action, malgré la solidité du bilan de Renault, ses marges compétitives et ses avancées dans les véhicules électriques.

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