Les prix du gaz naturel européen ont légèrement progressé jeudi, les perturbations persistantes du trafic maritime dans le détroit d’Hormuz et le niveau insuffisant des stocks continuant d’alimenter les inquiétudes concernant l’approvisionnement avant la saison hivernale.
Les contrats à terme néerlandais de référence à un mois ont gagné 0,2%, restant fermement au-dessus de leurs niveaux de soutien des derniers mois. Les contrats britanniques de gaz de gros ont davantage progressé, avec une hausse de 0,7%, les opérateurs intégrant des perspectives d’approvisionnement plus tendues à court terme dans les centres d’importation de la mer du Nord.
Ces gains interviennent après une phase de prises de bénéfices mercredi et montrent qu’une importante prime de risque géopolitique reste intégrée aux marchés européens de l’énergie, malgré certains signes de stabilisation sur les marchés financiers mondiaux.
Les perturbations à Hormuz continuent de peser sur l’approvisionnement en GNL
Le principal facteur soutenant les prix du gaz reste le fort ralentissement du trafic commercial à travers le golfe Persique.
Les données des services de suivi maritime citées par Reuters indiquent que les mouvements de navires dans le détroit d’Hormuz restent fortement limités. Cette voie maritime stratégique a historiquement assuré environ un cinquième des flux mondiaux de gaz naturel liquéfié, ce qui rend les perturbations actuelles particulièrement importantes pour le marché international du GNL.
La majorité des grands armateurs continuent d’éviter cette route en raison des risques de sécurité associés au conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le nombre quotidien de navires transportant des matières premières reste inférieur à dix, très loin des niveaux observés avant la guerre.
Ces difficultés empêchent certains chargements de GNL qatari de transiter normalement par la région, renforçant la concurrence pour les approvisionnements alternatifs. Les énergéticiens européens doivent ainsi rivaliser plus fortement avec les acheteurs asiatiques afin d’attirer les cargaisons de GNL disponibles sur le marché spot vers leurs terminaux d’importation.
Le déficit des stocks accentue les tensions avant l’hiver
Les niveaux de stockage européens constituent une autre source de pression. Les données de Gas Infrastructure Europe montrent que les installations souterraines de l’Union européenne sont remplies à environ 60% de leur capacité totale.
Les vagues de chaleur persistantes durant l’été ont stimulé la demande de production électrique à partir de gaz en raison d’une utilisation accrue de la climatisation. Associée aux retards dans les livraisons de GNL, cette situation a ralenti le processus saisonnier habituel de reconstitution des réserves.
La structure de la courbe à terme du marché du gaz complique également le remplissage des stocks. Avec une courbe toujours en forte backwardation, les énergéticiens ont moins d’incitations financières à acheter aujourd’hui du gaz spot coûteux pour le stocker en vue d’une livraison ultérieure.
L’Europe pourrait donc aborder la saison de chauffage automnale avec des réserves plus faibles que d’habitude si le rythme des injections dans les installations de stockage ne s’accélère pas.
Parallèlement, la décision inattendue du département américain du Trésor d’augmenter ses rachats d’obligations à long terme a contribué à stabiliser les rendements mondiaux. L’amélioration des conditions financières apporte toutefois peu de soulagement direct au marché physique européen du gaz, où les restrictions sur les flux de GNL et l’insuffisance des stocks restent les principaux risques.

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