Les prix du gaz européen reculent tandis que la BCE alerte sur une transmission plus rapide à l’inflation

Oil and gas flare

Les prix de gros du gaz naturel en Europe et au Royaume-Uni ont diminué lundi, alors que les informations concernant l’utilisation d’itinéraires alternatifs pour le transport de l’énergie ont atténué les inquiétudes liées aux perturbations des approvisionnements dans le golfe Persique.

Le contrat néerlandais de référence Title Transfer Facility (TTF) pour livraison le mois suivant a reculé de 2,5 % à 77,55 euros par mégawattheure (MWh), prolongeant sa baisse de la semaine précédente.

Au Royaume-Uni, le contrat de gros équivalent National Balancing Point (NBP) a perdu 2,91 % pour atteindre 192,36 pence par therm, se rapprochant de ses niveaux les plus bas depuis plusieurs semaines.

Ces baisses sont intervenues après des informations indiquant que les méthaniers et les pétroliers utilisaient de plus en plus des itinéraires alternatifs pour acheminer les approvisionnements énergétiques depuis le Golfe.

La BCE souligne une répercussion plus rapide sur l’inflation à la consommation

Malgré le recul des prix de gros lundi, la Banque centrale européenne (BCE) a averti que les variations des prix du gaz pourraient désormais affecter l’inflation à la consommation dans la zone euro plus rapidement que les années précédentes.

Dans un Bulletin économique publié lundi, la BCE a indiqué que les mouvements des prix de gros du gaz se répercutaient sur l’inflation du gaz à la consommation dans un délai d’un à trois mois dans plus de la moitié des pays de la zone euro.

La proportion de pays où cette transmission prend entre 13 et 24 mois est passée d’environ 40 % en 2022 à près de 5 %.

La BCE a attribué cette accélération aux transformations des marchés européens de l’énergie, notamment à une plus grande flexibilité des prix et à des contrats de plus courte durée introduits après la crise énergétique.

La banque centrale a toutefois constaté que les prix de l’électricité étaient devenus moins sensibles aux fluctuations des cours du gaz naturel.

Le développement de la production électrique à partir de sources renouvelables a réduit le rôle du gaz dans la détermination des coûts de production, limitant ainsi l’incidence des variations des prix de gros sur l’inflation de l’électricité.

Perspectives d’inflation et de taux d’intérêt

Les prix de gros du gaz en Europe restent supérieurs de plus de 140 % à leurs niveaux d’il y a un an, reflétant les effets du conflit impliquant l’Iran et les perturbations persistantes des approvisionnements.

L’inflation globale dans la zone euro dépasse 3 %, au-dessus de l’objectif de 2 % de la BCE. Certains économistes prévoient qu’elle pourrait approcher 4 % d’ici la fin de l’année.

Les conclusions de l’étude ont renforcé l’attention des marchés concernant les perspectives de taux d’intérêt de la BCE, après deux relèvements au cours des derniers mois.

Les investisseurs cherchent à déterminer si un nouveau resserrement monétaire sera nécessaire pour contenir les pressions inflationnistes, bien qu’aucune décision supplémentaire sur les taux n’ait été annoncée.

Les itinéraires alternatifs atténuent les inquiétudes immédiates sur l’approvisionnement

Les opérateurs du secteur énergétique ont signalé une augmentation des livraisons de gaz naturel liquéfié et de pétrole brut empruntant des itinéraires alternatifs pour contourner les difficultés de transport dans le golfe Persique.

Ces solutions comprennent une utilisation accrue des capacités des oléoducs terrestres, la réorientation du trafic maritime et le développement des transferts de cargaison entre navires au large des côtes d’Oman.

Ces itinéraires ont atténué certaines inquiétudes immédiates concernant une interruption complète du transit par le détroit d’Ormuz.

Associés au recul des contrats à terme sur le pétrole brut, ces développements ont contribué à la baisse des prix de gros du gaz européen lundi.

Les conditions d’approvisionnement régionales restent néanmoins incertaines. L’analyse de la BCE indique par ailleurs que de futures hausses des prix de gros du gaz pourraient se répercuter sur les consommateurs plus rapidement que par le passé.

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