RBC Capital Markets a abaissé sa recommandation sur Hermes (LSE:RMS), passant de Surperformance à Performance du secteur, et a réduit son objectif de cours de 1 900 € à 1 700 €, estimant que la croissance supérieure qui justifiait la valorisation élevée du groupe de luxe devient moins marquée.
La société de courtage prévoit que les taux de croissance annuels composés du chiffre d’affaires et de l’EBIT d’Hermes dépasseront ceux de ses concurrents d’environ 2 points de pourcentage à partir de 2027. À titre de comparaison, cet avantage était estimé à 8 points de pourcentage en 2025.
« La prime de croissance qui justifiait sa prime de valorisation par rapport au secteur est en train de converger », ont déclaré les analystes dirigés par Piral Dadhania, soulignant la dépendance croissante du groupe à l’égard de sa division Maroquinerie pour soutenir son expansion.
La Maroquinerie devrait générer la majorité de la croissance
RBC prévoit que la Maroquinerie représentera 63 % de la croissance du chiffre d’affaires d’Hermes entre les exercices 2025 et 2030, contre 40 % au cours des cinq années précédentes.
Cette contribution accrue intervient alors que la croissance de l’ensemble du groupe devrait ralentir. RBC observe que les périodes durant lesquelles la Maroquinerie a nettement surperformé les autres divisions d’Hermes ont historiquement coïncidé avec une demande cyclique plus faible.
Dans ce contexte, d’autres groupes de luxe pourraient être mieux placés pour profiter d’une éventuelle reprise de la demande à l’échelle du secteur.
La contribution des hausses de prix devrait ralentir
RBC prévoit également une diminution de la contribution des augmentations de prix à la croissance de la Maroquinerie.
Selon les analystes, la division a historiquement bénéficié d’une contribution régulière des volumes d’environ 6 % par an, tandis que les prix ont ajouté entre 6 % et 9 % par an pendant la période inflationniste ayant suivi la pandémie de Covid.
À compter de l’exercice 2027, RBC prévoit que la contribution des prix ralentira pour se situer entre 3 % et 4 %. Cette estimation tient compte des récents commentaires de la direction selon lesquels les augmentations de prix en 2027 seront « légèrement inférieures à [cette année] ».
En l’absence d’une accélération des volumes, RBC table sur une croissance du chiffre d’affaires de la Maroquinerie d’environ 9 % à 10 % à partir de l’exercice 2027. Cette projection est globalement conforme au consensus, mais implique néanmoins un ralentissement séquentiel.
La marge EBIT devrait rester proche de 40 %
RBC prévoit que la marge EBIT d’Hermes restera globalement stable autour de 40 % jusqu’à l’exercice 2029.
Ce niveau continuerait de placer le groupe parmi les entreprises les plus rentables du secteur du luxe, mais les analystes estiment que le potentiel d’expansion supplémentaire est limité après la forte progression enregistrée depuis la pandémie.
La société de courtage anticipe également un rendement marginal du capital investi, ou ROIC, légèrement négatif entre les exercices 2026 et 2029. Cette évolution contrasterait avec celle d’autres acteurs du luxe, qui pourraient bénéficier d’une amélioration du ROIC grâce au redressement de leurs marges.
La valorisation rend le rapport risque-rendement plus équilibré
Hermes se négocie actuellement à environ 32 fois les bénéfices attendus pour l’exercice 2027, une valorisation qui, selon RBC, intègre déjà une grande partie de la croissance et de la rentabilité supérieures du groupe.
Les analystes considèrent donc que le rapport risque-rendement est désormais « plus équilibré » aux niveaux actuels.
Dans le secteur du luxe, RBC privilégie les groupes bénéficiant d’un soutien plus important en matière de valorisation, notamment LVMH (EU:MC) et Burberry (LSE:BRBY), ainsi que les entreprises offrant de meilleures perspectives de croissance des bénéfices, comme Richemont (USOTC:CFRHF).
RBC a également réduit de 1 % ses prévisions de chiffre d’affaires d’Hermes pour les exercices 2027 et 2028 et abaissé ses estimations de bénéfice par action de 3 % à 4 %. Ces dernières révisions tiennent notamment compte d’une hypothèse de taux d’imposition plus élevé pour les années les plus éloignées de la période de prévision.

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