Les actions d’Air France-KLM (EU:AF) ont reculé après que Kepler Cheuvreux a abaissé sa recommandation de Conserver à Réduire, estimant que la récente envolée du titre laisse désormais peu de potentiel de hausse supplémentaire malgré un relèvement de son objectif de cours.
Kepler estime que la hausse est allée trop loin
L’analyste de Kepler, Marc Zeck, a déclaré qu’Air France-KLM « surperforme le secteur depuis le début de la crise iranienne et se négocie désormais dans le haut de sa fourchette de prix des cinq dernières années », ajoutant qu’il estime que la hausse du titre « a été quelque peu excessive ».
Les actions du transporteur aérien perdaient 3,5 % à la Bourse de Paris à 10h37 GMT.
Kepler a relevé son objectif de cours de 10,50 € à 11,50 €, mais ce nouvel objectif représente encore un potentiel de baisse d’environ 11 % par rapport au cours de clôture de jeudi.
Peu de catalyseurs à court terme
Marc Zeck a indiqué qu’Air France-KLM propose « l’offre de cabine premium la plus équilibrée et de la plus haute qualité » parmi les compagnies suivies par Kepler.
Il estime toutefois que la forte reprise du cours de l’action, combinée à l’absence de catalyseurs propres à l’entreprise à court terme, limite désormais l’intérêt du titre.
Les prévisions de bénéfices de Kepler pour les deux prochaines années restent légèrement inférieures au consensus, ce qui le laisse « sans véritable potentiel évident de hausse des bénéfices à moyen terme à mettre en avant », a précisé l’analyste.
Une valorisation attractive mais insuffisante
Même si Air France-KLM demeure l’action la moins chère en termes de valorisation parmi les sociétés couvertes par Kepler, Marc Zeck souligne que cela « est le cas depuis un certain temps » et ne voit aucun élément susceptible de modifier rapidement cette situation.
« Avec peu de moteurs de croissance des bénéfices à venir et un potentiel limité de revalorisation, nous n’avons guère d’autre choix que d’abaisser notre recommandation de Conserver à Réduire et d’attendre un meilleur point d’entrée », a ajouté l’analyste.
Des prévisions globalement proches du consensus
Les estimations de Kepler à moyen terme restent globalement alignées sur le consensus concernant le chiffre d’affaires, les coûts du carburant et les autres coûts d’exploitation.
Le courtier prévoit un bénéfice pour l’exercice 2026 inférieur d’environ 2 % au consensus en raison d’hypothèses de revenus légèrement plus prudentes, même si cet écart devrait progressivement disparaître au fil de la décennie.
Kepler prévoit également que le prix du kérosène reculera à environ 1 000 dollars par tonne au quatrième trimestre 2026, avant de tomber à environ 900 dollars par tonne au quatrième trimestre 2027.
Des attentes plus prudentes pour les activités MRO
Kepler adopte également une approche plus prudente concernant les activités de maintenance, réparation et révision (MRO) d’Air France-KLM.
Le courtier souligne que le consensus anticipe une progression de l’EBIT du MRO de 10 % par an jusqu’à la fin de la décennie, un rythme que Marc Zeck juge « trop agressif », car il dépasse largement les attentes du marché pour les activités MRO de Lufthansa.

Leave a Reply