Les contrats à terme sur les actions américaines ont progressé jeudi alors que les investisseurs analysaient la dernière décision de la Réserve fédérale ainsi que l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à plusieurs mois de conflit.
Cette hausse intervient après la nette correction enregistrée à Wall Street lors de la séance précédente, provoquée par la remontée des rendements obligataires et par le ton plus restrictif adopté par la banque centrale américaine.
En début de séance, les contrats à terme sur le Dow Jones progressaient de 0,6 %, ceux du S&P 500 de 0,8 % et ceux du Nasdaq 100 de 1,4 %.
La Fed refroidit les marchés
Mercredi, les principaux indices américains ont terminé en baisse après que la Réserve fédérale a maintenu ses taux inchangés tout en affichant une position plus ferme face à l’inflation.
Le Dow Jones a perdu 507 points, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont reculé respectivement de 1,2 % et 1,3 %.
Les investisseurs ont réagi aux signaux montrant que les responsables monétaires restent préoccupés par les pressions inflationnistes, notamment celles liées aux prix de l’énergie.
Parmi les valeurs individuelles, SpaceX (NASDAQ:SPCX) a chuté de près de 5 %, mettant fin à une forte progression observée après son entrée en Bourse historique la semaine dernière.
Warsh présente sa vision de la Réserve fédérale
Lors de sa première réunion en tant que président de la Fed, Kevin Warsh a annoncé une révision approfondie du fonctionnement de l’institution.
Il a indiqué que cinq groupes de travail seraient créés afin d’examiner différents domaines, notamment l’inflation, l’emploi, la communication et les sources de données économiques.
La banque centrale a également publié un communiqué beaucoup plus court que lors des réunions précédentes, réduisant son contenu de plus de 300 mots.
Le texte s’est concentré sur l’objectif de « garantir la stabilité des prix », supprimant toute référence au plein emploi qui figurait traditionnellement dans la communication de la Fed.
Les marchés ont interprété ce changement ainsi que les nouvelles projections économiques comme le signe d’une volonté accrue de lutter contre l’inflation.
Le graphique des prévisions des membres de la Fed montre désormais que neuf responsables anticipent au moins une hausse des taux cette année, contre aucune dans les projections publiées en mars.
Stephen Brown, économiste en chef pour l’Amérique du Nord chez Capital Economics, a estimé que la Fed a ouvert la voie à une hausse « dès septembre ».
L’accord entre Washington et Téhéran apaise les inquiétudes énergétiques
Sur le plan géopolitique, les investisseurs ont accueilli favorablement les informations faisant état d’un protocole d’accord signé entre les États-Unis et l’Iran afin de mettre fin aux hostilités.
L’accord prévoit notamment la réouverture du détroit d’Ormuz et la reprise des exportations pétrolières iraniennes après la levée des sanctions américaines.
Le président Donald Trump a signé le document lors d’un dîner organisé au château de Versailles mercredi.
Selon les informations disponibles, Trump a déclaré vouloir éviter une « catastrophe économique » et prévenir toute comparaison avec l’ancien président Herbert Hoover, en fonction lors du krach boursier de 1929.
Le président iranien Masoud Pezeshkian aurait également signé l’accord au nom de Téhéran.
Même si les négociations sur le programme nucléaire iranien restent en cours, les marchés ont salué la perspective d’une diminution des risques géopolitiques.
Le pétrole poursuit son recul
Les prix du brut ont continué de baisser alors que les opérateurs anticipent un retour progressif de l’offre iranienne sur le marché mondial.
Le Brent a reculé de 2 % à 77,97 dollars le baril, tandis que le WTI américain a perdu 2,1 % à 75,15 dollars.
Malgré ce repli par rapport aux sommets atteints pendant le conflit, plusieurs analystes estiment que les cours pourraient rester relativement élevés.
« L’Iran s’attend à une levée rapide des sanctions pétrolières américaines, favorisant le retour des exportations. Toutefois, des incertitudes subsistent quant à la rapidité avec laquelle les flux pourront se normaliser, les délais dépendant de facteurs opérationnels, logistiques et réglementaires », ont indiqué les analystes d’ING.
Apple envisage des hausses de prix
Apple (NASDAQ:AAPL) figurait également parmi les valeurs suivies après un article du Wall Street Journal indiquant que le groupe envisageait d’augmenter les prix de certains produits afin de compenser la hausse du coût des composants.
« Malheureusement, les augmentations de prix sont inévitables », a déclaré le directeur général Tim Cook au journal.
Le dirigeant a particulièrement insisté sur la hausse des coûts liés aux puces de mémoire et de stockage.
« Nous faisons de notre mieux pour atténuer les énormes augmentations de coûts qui nous sont répercutées […] mais la situation est devenue insoutenable », a-t-il ajouté.
Selon le Wall Street Journal, les ordinateurs Mac et les iPad devraient être les premiers produits concernés, même si le calendrier et l’ampleur des hausses restent à préciser.

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