Les actions de BioMérieux SA (EU:BIM) ont chuté de plus de 15% jeudi après que le groupe français de diagnostic a publié des ventes en baisse au premier trimestre et abaissé ses prévisions annuelles, invoquant une saison respiratoire modérée et une demande plus faible pour les nouveaux équipements de laboratoire.
Le chiffre d’affaires sur les trois mois clos le 31 mars 2026 s’est établi à 984 millions d’euros, en recul de 10,4% en données publiées. À périmètre et taux de change constants, les ventes ont diminué de 3,9%.
Les effets de change ont pesé significativement, réduisant les revenus de 73 millions d’euros, principalement en raison de la dépréciation du dollar américain face à l’euro.
Le groupe anticipe désormais une croissance organique du chiffre d’affaires comprise entre 3% et 5% sur l’ensemble de l’année, contre une prévision précédente de 5% à 7%.
Les perspectives de résultat opérationnel contributif avant éléments non récurrents (CEBIT) ont également été revues, avec une croissance organique désormais attendue entre 0% et 10%, contre un objectif précédent d’au moins 10%, hors impact prolongé des événements au Moyen-Orient. Un effet de change négatif de 50 à 60 millions d’euros sur le CEBIT annuel a été confirmé.
“Pour 2026, compte tenu d’un environnement de marché particulièrement faible qui a pesé sur la performance du premier trimestre, bioMérieux a révisé à la baisse ses prévisions annuelles. En nous appuyant sur nos initiatives GO•28, nous maintiendrons un contrôle strict et discipliné de notre base de coûts, afin d’assurer une évolution organique positive du CEBIT en 2026,” a déclaré le directeur général Pierre Boulud.
La plus forte baisse provient des panels respiratoires BIOFIRE, dont les ventes ont reculé de 23% en organique, en raison de volumes de tests plus faibles par rapport à une saison grippale exceptionnellement forte début 2025.
Les ventes d’instruments du groupe ont chuté de 18%, les clients se montrant réticents à investir dans de nouvelles installations.
SPOTFIRE, la plateforme moléculaire plus récente du groupe, a partiellement compensé cette tendance. Les ventes ont atteint 56 millions d’euros, en hausse de 15% en organique, avec une progression de 31% des réactifs. Toutefois, les ventes d’instruments au Japon ont été pénalisées par l’absence d’un programme de financement public ponctuel qui avait soutenu la période précédente. La base installée a augmenté de 450 unités pour dépasser 6 800 à fin mars.
Les réactifs liés au programme de croissance GO•28 ont progressé de 6,5% en organique. Les ventes dans les applications industrielles ont augmenté de 5% à 159 millions d’euros, soutenues par une forte demande en réactifs dans les domaines des hémocultures, de la cytométrie et du diagnostic moléculaire.
Par région, l’Amérique du Nord, qui représente 46% du chiffre d’affaires total, a reculé de 6,9% en organique à 456 millions d’euros. L’Amérique latine a progressé de 15,7% à 69 millions d’euros. La zone Europe, Moyen-Orient et Afrique a légèrement baissé de 0,7% à 316 millions d’euros, tandis que l’Asie-Pacifique a reculé de 7,6% à 143 millions d’euros, pénalisée par une baisse à un chiffre moyen en microbiologie en Chine et un effet de comparaison défavorable sur les instruments au Japon.

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