Les prix du pétrole progressent malgré les perspectives d’une offre plus abondante

Pipes at oil refinery

Les prix du pétrole ont légèrement augmenté mardi après de nouveaux incidents dans le détroit d’Ormuz, qui ont ravivé les inquiétudes concernant les perturbations potentielles des flux énergétiques mondiaux, compensant les attentes d’une hausse de la production de l’OPEP+.

À 04h41 ET (08h41 GMT), le Brent gagnait 1,1 % à 72,77 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain progressait également de 1,1 % à 69,30 dollars le baril.

De nouvelles attaques ravivent les craintes pour le transport maritime

Selon Axios, citant deux responsables américains, l’armée iranienne a lancé au moins deux missiles contre des navires commerciaux traversant le détroit d’Ormuz lundi soir, mettant fin à une semaine d’accalmie dans le cadre d’un accord informel entre Washington et Téhéran.

Le média ajoute que les États-Unis pourraient riposter par des frappes contre des cibles iraniennes.

Plus tôt dans la journée, l’agence britannique UK Maritime Trade Operations a indiqué qu’un pétrolier naviguant au large des côtes d’Oman avait été touché par un projectile non identifié, provoquant un incendie. L’Iran n’a pas revendiqué officiellement l’attaque, bien que des sources anonymes citées par la télévision d’État iranienne aient affirmé que la cible transportait du gaz naturel liquéfié en provenance du Qatar.

Téhéran a également déclaré que tous les navires empruntant le détroit d’Ormuz devaient suivre des itinéraires approuvés par l’Iran, avertissant que toute intervention américaine ferait l’objet « d’une action rapide et décisive ».

Selon Axios, ces événements sont survenus après l’expiration de l’accord temporaire conclu entre les États-Unis et l’Iran visant à suspendre les attaques dans le détroit.

Le rétablissement du trafic maritime reste fragile

Les cours du pétrole avaient reculé après la signature d’un accord de cessez-le-feu provisoire en juin. Après le début du conflit à la fin du mois de février, les prix du brut avaient dépassé les 110 dollars le baril, alimentant les craintes d’une nouvelle poussée de l’inflation mondiale.

Les dernières données montrent que le trafic maritime reprend progressivement dans le détroit d’Ormuz, mais les volumes restent inférieurs à la normale. Le contrôle de cette voie maritime stratégique demeure un point central des négociations internationales.

« Les prix du pétrole sont revenus à leurs niveaux d’avant le conflit, même si seule une fraction du trafic habituel traverse encore le détroit d’Ormuz. Les tensions sur les chaînes d’approvisionnement persistent », ont indiqué les analystes de Deutsche Bank dirigés par Henry Allen.

La hausse de la production freine la progression des prix

Les perspectives d’une augmentation de l’offre mondiale ont toutefois limité la hausse des cours.

Les membres de l’OPEP+, dont la Russie, ont décidé dimanche d’augmenter leurs objectifs de production de 188 000 barils par jour à partir du mois d’août, après des relèvements similaires en juin et en juillet.

Par ailleurs, les Émirats arabes unis, qui ont abandonné leurs quotas de production de l’OPEP+ en mai, ont annoncé une production supérieure à 3,8 millions de barils par jour en juin.

Saudi Aramco a également abaissé le prix officiel de vente de son pétrole Arab Light destiné à l’Asie pour le mois d’août, proposant pour la première fois depuis 2020 une décote par rapport au prix de référence régional, signe d’une concurrence accrue entre les producteurs du Golfe.

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