Kering recule après une dégradation de Morgan Stanley sur fond d’inquiétudes autour de Gucci

Kering SA (EU:KER) a vu son action chuter de plus de 3% après que Morgan Stanley a abaissé sa recommandation, passant de « surpondérer » à « pondération en ligne », tout en réduisant son objectif de cours à 12–18 mois de 330 € à 320 €. La banque estime que le potentiel de hausse est désormais limité après la forte performance du titre depuis le début de l’année.

L’action avait atteint un plus haut annuel de 320,50 € le 12 janvier avant de reculer d’environ 16% lundi. Depuis le début de l’année, elle a néanmoins surperformé des concurrents tels que LVMH, Hermès et Richemont de 300 à 1 700 points de base.

Après un bond de 10,90% le 10 février—sa plus forte hausse quotidienne sur la période—le titre a effacé une grande partie de ces gains lors d’un repli marqué début mars, avec des baisses de 5,04% et 6,35% les 2 et 3 mars.

Selon le modèle d’actualisation des flux de trésorerie de Morgan Stanley, le titre présente encore un potentiel de hausse d’environ 15% par rapport au nouvel objectif, mais cela ne suffit plus à justifier une surperformance.

“Notre modèle DCF implique un potentiel de hausse de 15% pour le titre, ce qui ne se traduit plus par une surperformance relative”, indique la note.

Sur la base d’une estimation révisée du bénéfice par action 2028 de 15,97 €—en baisse de 4% par rapport aux prévisions précédentes mais supérieure de 15% au consensus Visible Alpha de 13,80 €—le titre se négocie autour de 17 fois les bénéfices futurs.

Le courtier anticipe un chiffre d’affaires de 18,3 milliards d’euros en 2028, soit une progression cumulée d’environ 25% par rapport aux 14,7 milliards d’euros attendus en 2025. La marge opérationnelle consolidée devrait passer de 12,5% en 2026 à 18,4% en 2028, tandis que le BPA progresserait de 6,81 € à 15,97 €.

Ces révisions à la baisse s’expliquent par des vérifications de canaux plus faibles que prévu au premier trimestre 2026 ainsi que par l’exposition aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui représente environ 5% des ventes du groupe.

Morgan Stanley prévoit désormais que Gucci, principal moteur du groupe, enregistrera une baisse de 6,2% au premier trimestre 2026, contre une estimation précédente de -5%. Gucci devrait générer 5,95 milliards d’euros de ventes en 2026, pour atteindre 7,67 milliards d’euros en 2028.

Dans un scénario optimiste, la valorisation du titre atteint 480 €, reposant sur un cycle de forte reprise de Gucci et une marge opérationnelle du groupe de 25,9% en 2028. À l’inverse, le scénario pessimiste fixe un objectif de 175 €, en cas d’échec commercial de la nouvelle orientation de Gucci. Les marchés d’options indiquent une probabilité d’environ 28,9% que le titre dépasse 320 € sur 12 mois, contre 17,1% de risque de chute sous 175 €.

Morgan Stanley identifie deux catalyseurs susceptibles d’améliorer sa recommandation : la poursuite de la réorganisation après la nomination de Luca de Meo en septembre 2025, et des preuves plus tangibles d’un redressement durable de Gucci.

Les analystes décrivent la situation actuelle de Gucci comme “un cas classique où l’amélioration de l’image de marque devance les chiffres concrets”, ajoutant que les vérifications auprès des distributeurs européens montrent “des signes précoces d’amélioration de l’image de marque, mais encore peu de preuves d’une reprise commerciale significative”.

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