Les marchés boursiers européens ont entamé la séance de vendredi en baisse, les prix du pétrole restant au-dessus de 100 dollars le baril malgré la décision des États-Unis d’autoriser l’achat d’une partie du pétrole russe sanctionné afin d’atténuer les tensions sur l’offre mondiale.
À 08h04 GMT, l’indice paneuropéen Stoxx 600 reculait de 0,7 %. Le DAX allemand cédait 0,9 %, le CAC 40 français perdait 1,0 % et le FTSE 100 britannique reculait de 0,8 %.
Les marchés européens ont suivi la tendance négative venue d’Asie, les investisseurs doutant que l’offensive conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran prenne fin rapidement. Les principaux indices de Corée du Sud et du Japon — deux grands importateurs de pétrole du Moyen-Orient — ont chuté de plus de 1,4 %.
Comme de nombreuses économies asiatiques, plusieurs pays européens dépendent fortement des flux énergétiques transitant par le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique entourée sur trois côtés par l’Iran.
Le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a déclaré jeudi que le détroit resterait fermé jusqu’à la fin des combats. Le trafic maritime à travers ce point stratégique s’est presque arrêté, les compagnies craignant d’éventuelles attaques mettant en danger la sécurité des équipages. Les entreprises de transport maritime rencontrent également de plus en plus de difficultés pour obtenir des assurances pour des traversées jugées de plus en plus risquées.
Malgré les mesures récentes des États-Unis et de l’Agence internationale de l’énergie visant à augmenter l’offre de pétrole disponible, l’approvisionnement reste limité, ce qui a poussé le Brent à repasser au-dessus de 100 dollars le baril. La volatilité des prix du Brent a été particulièrement forte. Plus tôt dans la semaine, la référence mondiale avait grimpé jusqu’à près de 120 dollars le baril avant de retomber brièvement sous les 90 dollars.
Malgré ces fluctuations, les prix du pétrole restent nettement supérieurs à leurs niveaux d’avant le conflit, ce qui alimente les inquiétudes concernant une possible résurgence des pressions inflationnistes dans le monde et pourrait compliquer les attentes d’assouplissement de la politique monétaire des banques centrales. En Europe, ces craintes ont entraîné une hausse des rendements obligataires en Allemagne et en France, ce qui pèse sur les marchés actions.
“Les marchés actions européens et asiatiques ont été plus durement touchés que ceux des États-Unis, et plus la crise durera, plus cet écart se creusera”, ont indiqué les analystes d’ING dans une note.
L’inflation sous surveillance
Dans ce contexte, les investisseurs analysent les nouvelles données d’inflation publiées en France et en Espagne.
En France, deuxième économie de la zone euro, les prix à la consommation ont augmenté de 1,1 % sur un an en février selon l’indice harmonisé de l’UE. Ce chiffre est conforme aux attentes et supérieur aux 0,4 % enregistrés en janvier. En Espagne, un indicateur similaire a légèrement accéléré à 2,5 %.
Plus tard vendredi, les marchés suivront la publication aux États-Unis de l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) pour janvier, l’un des indicateurs d’inflation privilégiés par la Réserve fédérale.
Toutefois, ces données couvrent principalement une période antérieure au début du conflit avec l’Iran, déclenché par une série de frappes aériennes américaines et israéliennes fin février. Depuis lors, les perspectives d’inflation se sont assombries, en particulier en Europe, où les économistes estimaient encore récemment que la hausse des prix avait largement été maîtrisée.

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