Les marchés actions européens ont commencé la semaine en nette baisse lundi, alors que les prix du pétrole ont fortement progressé et que l’intensification des tensions au Moyen-Orient a ravivé les inquiétudes concernant d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement énergétique mondial.
À 08h05 GMT, l’indice DAX en Allemagne reculait de 2,1 %, le CAC 40 en France perdait 2,4 % et le FTSE 100 au Royaume-Uni cédait 1,6 %.
Le pétrole grimpe alors que les tensions au Moyen-Orient s’intensifient
La situation au Moyen-Orient s’est aggravée durant le week-end, les États-Unis et Israël ayant lancé de nouvelles vagues de frappes aériennes contre l’Iran, visant plusieurs cibles, dont des dépôts pétroliers.
Dans le même temps, d’importants producteurs régionaux — le Koweït, l’Iran et les Émirats arabes unis — ont réduit leur production, tandis que le trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz s’est quasiment interrompu depuis le début des hostilités il y a environ une semaine. Ce passage maritime étroit voit habituellement transiter près d’un cinquième des expéditions mondiales de pétrole.
Ces développements ont propulsé les prix du brut au-dessus de 110 dollars le baril, des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Si le conflit se prolonge, les analystes avertissent que les prix pourraient potentiellement s’approcher des niveaux records autour de 150 dollars le baril.
Les contrats à terme sur le Brent ont bondi de 15 % à 106,55 dollars le baril, tandis que les contrats à terme sur le West Texas Intermediate américain ont progressé de 12 % à 101,92 dollars le baril.
Aucune fin en vue
Les prix du pétrole avaient déjà augmenté la semaine dernière, mais pas de manière aussi marquée, car de nombreux investisseurs pensaient initialement que le conflit serait relativement bref et que la surabondance de l’offre mondiale finirait par faire redescendre les prix du brut.
Cependant, plusieurs informations indiquent que l’Iran a nommé Mojtaba Khamenei, fils de l’ayatollah Ali Khamenei assassiné, comme nouveau Guide suprême du pays dimanche. Cette décision suggère que le régime ne semble pas prêt à assouplir sa position pour le moment.
Le président américain Donald Trump a déjà déclaré qu’il considérait Mojtaba Khamenei comme un choix « inacceptable », ce qui pourrait annoncer de nouvelles tensions.
Trump a également réagi à la flambée des prix du pétrole en affirmant que les hausses à court terme représentaient « un petit prix à payer » pour éliminer la menace nucléaire iranienne. La hausse des prix mondiaux de l’énergie commence déjà à se répercuter sur les prix du carburant dans les stations-service aux États-Unis.
Inquiétudes concernant l’économie mondiale
Au-delà des questions géopolitiques, le calendrier des entreprises en Europe est relativement calme lundi, aucune publication majeure de résultats n’étant prévue, après un trimestre globalement assez positif.
Sur le plan économique, les données publiées plus tôt ont montré que les commandes industrielles allemandes ont chuté de 11,1 % en janvier — une baisse bien plus importante que le recul de 4,2 % attendu par les économistes et un net retournement par rapport à la hausse de 6,4 % enregistrée le mois précédent.
La production industrielle allemande a également diminué de 0,5 % en janvier, après avoir reculé de 1,0 % le mois précédent.
Par ailleurs, les inquiétudes concernant la santé de l’économie mondiale se sont accentuées à la fin de la semaine dernière, après que des données ont montré que l’économie américaine avait perdu des emplois de manière inattendue en février et que le taux de chômage était monté à 4,4 %. Ces chiffres pourraient indiquer un affaiblissement du marché du travail, ce qui pourrait placer la Réserve fédérale dans une position délicate alors qu’elle tente de concilier ralentissement de la croissance et pressions inflationnistes liées à la hausse des prix du pétrole.

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