Teleperformance SE (EU:TEP) a annoncé vendredi un recul de son bénéfice annuel et de son chiffre d’affaires, tout en dévoilant un changement de direction qui verra un dirigeant issu de McKinsey prendre les fonctions de directeur général, succédant au fondateur du groupe. Cette annonce a pesé sur le sentiment des investisseurs, faisant reculer l’action cotée à Paris de plus de 3 %.
Le spécialiste de l’externalisation de la relation client a enregistré un chiffre d’affaires de 10,21 milliards d’euros en 2025, en baisse de 0,7 % en données publiées mais en hausse de 1,3 % à périmètre comparable après exclusion d’un impact hyperinflationniste de 0,3 %. Les Core Services — principale activité du groupe — ont affiché une croissance organique de 2,7 % à 8,72 milliards d’euros. À l’inverse, les Specialized Services ont reculé de 9,3 % à 1,49 milliard d’euros, pénalisés par le non-renouvellement d’un contrat de traitement de visas au sein de l’unité TLScontact.
Le résultat opérationnel courant (EBITA) récurrent a diminué à 1,49 milliard d’euros contre 1,54 milliard un an plus tôt, la marge se contractant à 14,6 % contre 15,0 %. La société a indiqué que l’augmentation des investissements informatiques liés à l’intelligence artificielle avait pesé sur la marge à hauteur d’environ 15 points de base. Le flux de trésorerie disponible net, hors décaissements exceptionnels de 31 millions d’euros, s’est établi à 901 millions d’euros contre 1,08 milliard en 2024, tandis que la dette nette a légèrement augmenté à 3,97 milliards d’euros contre 3,89 milliards précédemment.
Au quatrième trimestre, la performance est ressortie inférieure aux attentes, avec un chiffre d’affaires organique en recul de 0,6 % alors que le consensus anticipait une hausse de 0,3 %. La croissance des Core Services a ralenti à 1 % sur la période, contre environ 4 % au troisième trimestre, tandis que les Specialized Services ont chuté de 10,9 %.
Teleperformance a également comptabilisé 97 millions d’euros de dépréciations liées au goodwill et aux actifs incorporels concernant ses activités PSG Global Solutions et Health Advocate, invoquant des conditions de marché difficiles aux États-Unis.
Jorge Amar, qui a dirigé pendant plus d’une décennie la pratique mondiale de la relation client digitale chez McKinsey & Company, prendra ses fonctions de directeur général du groupe le 16 mars. Le fondateur et directeur général Daniel Julien, ainsi que le directeur général adjoint Thomas Mackenbrock, quitteront leurs fonctions exécutives le 15 mars, Julien quittant également le conseil d’administration à cette date. Le directeur financier Olivier Rigaudy partira à la retraite, et le directeur financier adjoint Benoit Gabelle a été nommé directeur financier par intérim.
« Je quitterai le groupe avec une grande confiance dans ses forces et ses perspectives », a déclaré Julien dans un communiqué. « En tant que fondateur, j’ai été — et resterai — un actionnaire de long terme. »
Amar a présenté ses priorités, axées sur l’accélération du déploiement des offres technologiques du groupe : « Nous devons désormais accélérer le déploiement de nos offres existantes, enrichir notre portefeuille de solutions et permettre à nos clients de capter les gains d’efficacité et de productivité que la technologie rend désormais possibles », a-t-il déclaré.
Le conseil d’administration a également proposé la nomination de quatre nouveaux membres, dont Amar et Mackenbrock, sous réserve de l’approbation des actionnaires lors de l’assemblée générale annuelle prévue le 21 mai.
Teleperformance a indiqué avoir lancé un programme interne d’efficacité basé sur l’IA visant des économies annualisées supérieures à 100 millions d’euros. Le groupe prévoit des coûts de restructuration et d’adaptation des effectifs compris entre 70 et 90 millions d’euros en 2026, dont 56 millions déjà engagés. Environ la moitié des économies attendues devrait être enregistrée dès 2026.
Pour 2026, la société anticipe une croissance organique du chiffre d’affaires comprise entre 0 % et 2 %, le premier trimestre devant se situer en dessous de cette fourchette. La marge EBITA récurrente devrait rester globalement stable autour de 14,6 %, sur la base d’un taux de change euro-dollar moyen de 1,20. Le flux de trésorerie disponible net est attendu entre 800 et 850 millions d’euros, hors éléments exceptionnels.
Le groupe prévoit de proposer une hausse du dividende à 4,50 € par action contre 4,20 €, sous réserve de l’approbation des actionnaires, et a confirmé le lancement d’une revue stratégique de son portefeuille pouvant inclure des cessions d’actifs.
À moyen terme, Teleperformance a réaffirmé ses objectifs pour 2028, visant une croissance organique du chiffre d’affaires de 4 % à 6 %, une marge EBITA récurrente d’environ 15,5 % et un flux de trésorerie disponible net cumulé d’environ 3 milliards d’euros sur la période 2026-2028.
RBC Capital Markets a maintenu sa recommandation « surperformance » avec un objectif de cours de 105 €, tandis qu’UBS a conservé sa recommandation « neutre » tout en abaissant son objectif de cours à 52 € contre 55 € auparavant.

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