Le bénéfice de Crédit Agricole au T4 pénalisé par la charge Banco BPM malgré une année de revenus record

Crédit Agricole SA (EU:ACA) a fait état d’une baisse de 24 % de son bénéfice net au quatrième trimestre, une charge ponctuelle liée à sa participation dans Banco BPM ayant pesé sur les résultats, éclipsant des revenus annuels records et une proposition de hausse du dividende. Le résultat net des trois mois clos le 31 décembre est ressorti à 1,63 milliard d’euros, contre 2,15 milliards un an plus tôt, après la comptabilisation d’une charge de première consolidation de 607 millions d’euros, déclenchée par le franchissement du seuil de 20 % de détention dans la banque italienne.

Sur le trimestre, les revenus ont néanmoins progressé de 1,6 % sur un an pour atteindre 9,97 milliards d’euros. Sur l’ensemble de l’exercice 2025, le résultat net a légèrement reculé de 0,2 % à 7,07 milliards d’euros, tandis que les revenus ont augmenté de 3,3 % pour s’établir à un niveau record de 28,08 milliards d’euros. Estimant que l’impact de Banco BPM est de nature temporaire plutôt que structurelle, le conseil d’administration a proposé un dividende de 1,13 euro par action, en hausse de 3 % par rapport à 2024. La direction anticipe une contribution récurrente d’environ 100 millions d’euros par trimestre à partir de 2026, soit près de 400 millions d’euros par an.

Les charges ont augmenté au quatrième trimestre, les frais d’exploitation progressant de 4,7 % à 4,10 milliards d’euros, ce qui a porté le coefficient d’exploitation à 58,9 %, contre 55,2 % un an auparavant. Sur l’année, ce ratio s’est élevé à 55,7 %, contre 54,8 % en 2024, en partie sous l’effet d’une charge supplémentaire d’impôt sur les sociétés de 147 millions d’euros. Le coût du risque a également augmenté, en hausse de 5,9 % sur le trimestre à 629 millions d’euros, avec un coût du risque atteignant 35 points de base en moyenne glissante sur quatre trimestres et 45 points de base en rythme annualisé. Le taux de créances douteuses est resté stable à 2,4 %, tandis que le taux de couverture s’est établi à 71,5 %.

La situation en fonds propres est demeurée solide. Le ratio Common Equity Tier 1 « phased-in » de Crédit Agricole SA s’est légèrement amélioré à 11,8 %, conservant une marge d’environ trois points de pourcentage au-dessus des exigences réglementaires. Au niveau du groupe, le ratio CET1 du Groupe Crédit Agricole a reculé à 17,4 % contre 17,6 %, tout en maintenant un coussin de 7,6 points de pourcentage au-dessus des seuils requis, le plus élevé parmi les banques européennes d’importance systémique mondiale.

La banque a indiqué avoir réalisé 32 % de son programme annuel de refinancement 2026 dès le mois de janvier. En 2025, Crédit Agricole SA a levé 23,10 milliards d’euros de dette à moyen et long terme, atteignant 115 % de son objectif de financement fixé à 20 milliards d’euros. La rentabilité des capitaux propres tangibles est restée stable à 13,5 % sur l’année, tandis que le bénéfice par action a progressé à 2,18 euros, contre 2,11 euros.

Par lignes de métier, les revenus de l’Asset Gathering ont augmenté de 2,9 % au quatrième trimestre pour atteindre 2,11 milliards d’euros, avec des encours sous gestion de 3 050 milliards d’euros. L’activité Grandes Clientèles a enregistré des revenus trimestriels records de 2,15 milliards d’euros, en hausse de 2,1 %, tandis que les Services Financiers Spécialisés ont vu leurs revenus reculer de 0,8 % à 908 millions d’euros, pénalisés par un effet de base défavorable de 30 millions d’euros dans le financement à la consommation. La liquidité est restée robuste, avec un ratio de couverture des besoins de liquidité de 141 % au 31 décembre, bien au-dessus du minimum réglementaire de 100 %.

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