Les contrats à terme sur les principaux indices américains ont progressé, traduisant un soulagement des marchés après que le président Donald Trump a déclaré qu’il n’imposerait pas de nouveaux droits de douane à plusieurs pays européens en lien avec ses exigences sur le Groenland. Selon les médias, cette décision fait suite à des discussions avec l’OTAN et des dirigeants européens, même si les détails du « cadre d’un futur accord » restent limités. Les prix de l’or se sont repliés après avoir atteint des records. Par ailleurs, le fabricant de semi-conducteurs Intel (NASDAQ:INTC) doit publier ses résultats, tandis que des données d’inflation très suivies par la Réserve fédérale sont attendues.
Les futures progressent
Les futures américains évoluaient en hausse jeudi, les investisseurs saluant le recul de Trump sur sa menace d’imposer des droits de douane supplémentaires à plusieurs pays européens.
À 03h00 ET, les futures sur le Dow gagnaient 61 points (+0,1 %), ceux sur le S&P 500 avançaient de 20 points (+0,3 %) et les futures sur le Nasdaq 100 progressaient de 117 points (+0,5 %).
Les principaux indices de Wall Street avaient rebondi mercredi, effaçant une partie de leur plus forte baisse depuis octobre enregistrée la veille, après que Trump a annoncé avoir atteint « le cadre d’un futur accord » avec les dirigeants de l’OTAN concernant le Groenland.
Après avoir menacé pendant plusieurs jours d’imposer de nouveaux droits de douane à huit pays européens à compter du 1er février, si les États-Unis n’étaient pas autorisés à prendre le contrôle du territoire danois semi-autonome, Trump a finalement indiqué que ces mesures ne seraient pas appliquées.
Les investisseurs suivent également de près l’accélération de la saison des résultats. L’action United Airlines a progressé de plus de 2 % après un solide dépassement des attentes au quatrième trimestre, tandis que Netflix a reculé de plus de 2 % après des perspectives jugées décevantes.
Trump recule sur la menace de droits de douane sur le Groenland
Le revirement de Trump, qui serait intervenu après plusieurs jours de discussions discrètes avec des responsables de l’OTAN et européens, a apaisé les craintes d’un approfondissement des tensions entre Washington et l’Europe autour du dossier groenlandais.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Trump a déclaré que l’accord, « s’il est finalisé », serait « un excellent accord pour les États-Unis d’Amérique » et pour « toutes les Nations » de l’OTAN.
Il a donné peu de détails, indiquant simplement que « des discussions supplémentaires » étaient en cours concernant le bouclier de défense proposé, le « Golden Dome », « en ce qui concerne le Groenland ». Selon le Wall Street Journal, qui cite des responsables européens proches des négociations, celles-ci devraient porter sur un éventuel accord entre les États-Unis et le Danemark pour le stationnement de troupes sur l’île, ainsi que sur un renforcement des efforts de sécurité européens dans la région arctique.
Le journal ajoute que les États-Unis obtiendraient un droit de premier refus sur les ressources minérales du Groenland, qui dispose d’importantes réserves de terres rares, essentielles pour de nombreux secteurs industriels et au cœur de récentes négociations commerciales américaines, notamment avec la Chine.
Plus tôt mercredi, devant un public nombreux réuni au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, Trump a également semblé exclure le recours à la force militaire pour s’emparer du Groenland.
Le rebond des actifs risqués s’est accompagné d’un raffermissement du dollar. Dans une note à leurs clients, les analystes d’ING estiment que, même si les investisseurs pourraient attendre davantage de clarté sur l’accord concernant le Groenland, la réunion de la Réserve fédérale prévue la semaine prochaine « implique un recentrage probable sur les facteurs macroéconomiques ».
L’or marque une pause
Les cours de l’or ont reculé jeudi sur les marchés européens après avoir atteint des sommets historiques la veille, le retrait de la menace de droits de douane ayant réduit l’attrait des valeurs refuges.
L’or au comptant a cédé 0,1 % à 4.826,25 dollars l’once vers 03h40 ET, s’éloignant de son record de 4.888,1 dollars atteint lors de la séance précédente. Les contrats à terme sur l’or aux États-Unis ont perdu 0,2 % à 4.826,39 dollars l’once.
Le métal précieux avait bondi de plus de 6 % lors des trois dernières séances, porté par les risques géopolitiques liés au différend transatlantique sur le Groenland et aux menaces de droits de douane sur les importations européennes, se rapprochant du seuil psychologique des 5.000 dollars.
Intel attendue après la clôture
Intel doit publier ses résultats après la clôture des marchés américains jeudi.
Sous la direction de son PDG Lip-Bu Tan, le groupe californien cherche à réduire ses coûts et à renforcer sa situation financière, tout en faisant face à une concurrence accrue sur les marchés des processeurs pour PC et serveurs.
Les investisseurs scrutent également les avancées d’Intel dans les puces dédiées à l’intelligence artificielle. L’entreprise a bénéficié l’an dernier d’un soutien important, avec des investissements significatifs de Nvidia, du groupe SoftBank et du gouvernement américain. Nvidia, en particulier, a acquis pour 5 milliards de dollars d’actions Intel en décembre.
Plus tôt ce mois-ci, Intel a également dévoilé une nouvelle puce d’IA pour ordinateurs portables, cherchant à rassurer les investisseurs sur les produits issus de son processus de fabrication de nouvelle génération.
Parmi les autres entreprises attendues aujourd’hui figurent Procter & Gamble et GE Aerospace.
Les données PCE attendues
Sur le plan macroéconomique, les marchés attendent la publication de l’indice des prix des dépenses de consommation personnelle (PCE) aux États-Unis, un indicateur de l’inflation particulièrement surveillé par la Réserve fédérale.
La mesure « core » du PCE pour novembre, publiée par le Bureau of Economic Analysis, est attendue stable à 0,2 % sur un mois et à 2,8 % sur un an.
Plus tôt ce mois-ci, des données du département du Travail ont montré que l’inflation globale des consommateurs américains était restée inchangée en décembre, tandis que l’inflation sous-jacente s’était légèrement modérée. Selon ING, le rapport PCE pourrait apporter des preuves supplémentaires de « pressions sur les prix modérées », un élément clé pour les décisions de taux de la Fed.
L’emploi sera également au centre de l’attention avec la publication des inscriptions hebdomadaires au chômage. La semaine dernière, le nombre d’Américains déposant une première demande est tombé sous les 200.000.

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