Les marchés reculent alors que les tensions à Hormuz augmentent ; les résultats de Goldman Sachs au centre de l’attention: Dow Jones, S&P, Nasdaq, Wall Street, Futures

Les contrats à terme liés aux principaux indices américains ont légèrement reculé en début de semaine, les inquiétudes concernant un éventuel blocus naval américain du détroit d’Ormuz et l’échec des négociations entre Washington et Téhéran pesant sur le sentiment des investisseurs. Les prix du pétrole sont repassés au-dessus de 100 dollars le baril, les marchés s’inquiétant de la solidité d’un fragile cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran. Par ailleurs, les résultats de Goldman Sachs (NYSE:GS) doivent lancer la saison des résultats aux États-Unis, tandis que LVMH (EU:MC) doit également publier ses chiffres.

Les contrats à terme reculent

Les contrats à terme américains ont baissé lundi, les investisseurs réagissant à la montée des risques géopolitiques après l’avertissement du président Donald Trump concernant un possible blocus du détroit d’Ormuz à la suite de l’échec des discussions avec l’Iran durant le week-end.

À 03h28 ET, les futures sur le Dow perdaient 239 points, soit 0,5%, ceux sur le S&P 500 reculaient de 40 points, soit 0,6%, et les futures sur le Nasdaq 100 cédaient 168 points, soit 0,7%. Les marchés en Europe et en Asie ont également montré des signes de faiblesse, tandis que le pétrole progressait et que le dollar se renforçait.

Wall Street avait clôturé de manière contrastée vendredi, les investisseurs restant prudents avant les négociations cruciales au Pakistan. Bien qu’un cessez-le-feu temporaire de deux semaines ait été annoncé, l’incertitude demeure quant à sa capacité à déboucher sur une solution durable.

Les investisseurs ont également analysé des données montrant une forte hausse des prix à la consommation en mars, principalement due à l’augmentation des coûts du carburant liée au choc énergétique provoqué par le conflit. Les prix du pétrole ont fortement progressé depuis fin février, lorsque les tensions avec l’Iran se sont intensifiées et que le trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz—par lequel transite environ 20% du pétrole mondial—a été perturbé.

Trump annonce un blocus d’Ormuz

Dimanche, Trump a déclaré que la marine américaine lancerait un blocus « immédiat » du détroit afin de limiter le trafic maritime.

Il a averti que tout navire payant des frais imposés par Téhéran ne bénéficierait pas d’un « passage sûr en haute mer ».

Le Pentagone a ensuite précisé que les restrictions concerneraient les navires « entrant ou sortant des ports ou des zones côtières iraniennes », tout en autorisant les autres bâtiments à continuer de transiter par le détroit.

Cette escalade intervient après 21 heures de négociations entre responsables américains et iraniens au Pakistan, qui se sont conclues sans accord pour prolonger le cessez-le-feu. Le vice-président JD Vance, qui dirigeait la délégation américaine, a indiqué que l’Iran avait refusé d’abandonner ses ambitions nucléaires. Téhéran n’a pas immédiatement commenté, tandis que le Pakistan—médiateur—a exhorté les deux parties à « respecter leur engagement en faveur du cessez-le-feu ».

Le pétrole repasse au-dessus de 100 dollars

Les prix du pétrole ont fortement augmenté lundi, repassant au-dessus du seuil des 100 dollars le baril.

Le Brent a progressé de 6,7% à 101,65 dollars, tandis que le West Texas Intermediate américain a gagné 7,1% à 103,42 dollars.

Malgré cette hausse, les analystes de Pepperstone ont estimé que la réaction du marché était « relativement contenue », suggérant que les investisseurs considèrent ce blocus comme un outil de négociation.

« Bien qu’il s’agisse clairement d’un début de semaine marqué par l’aversion au risque, […] la réaction globale du marché peut être résumée ainsi : “cela aurait pu être pire” », a déclaré Michael Brown, Senior Research Strategist chez Pepperstone.

Le pétrole était brièvement passé sous les 100 dollars la semaine dernière après l’annonce du cessez-le-feu, elle-même intervenue après que Trump a menacé de détruire la « civilisation » iranienne si le détroit n’était pas rouvert. Néanmoins, les prix restent bien au-dessus des niveaux d’avant le conflit.

Résultats de Goldman Sachs attendus

L’attention se tourne désormais vers les résultats des grandes banques américaines, à commencer par ceux de Goldman Sachs avant l’ouverture des marchés.

L’action Goldman a progressé d’environ 3% depuis le début de l’année, soutenue par une forte activité de trading, les investisseurs réorganisant leurs portefeuilles face aux bouleversements liés à l’intelligence artificielle. Les revenus de la banque d’investissement ont également montré une certaine résilience.

Cependant, la situation en Iran pourrait dominer les résultats. Si la volatilité peut soutenir les revenus de trading, des prix élevés des matières premières pourraient dissuader les entreprises de se lancer dans des opérations coûteuses comme les fusions-acquisitions, ce qui pourrait peser sur les commissions de conseil.

D’autres grandes banques doivent publier leurs résultats cette semaine, notamment JPMorgan Chase (NYSE:JPM), Wells Fargo (NYSE:WFC), Citigroup (NYSE:C), Bank of America (NYSE:BAC) et Morgan Stanley (NYSE:MS).

LVMH attendu

LVMH (EU:MC), leader mondial du luxe et propriétaire de marques telles que Louis Vuitton et Dior, doit publier ses ventes du premier trimestre, avec le conflit au Moyen-Orient susceptible d’influencer ses perspectives.

Selon Reuters, les ventes de produits de luxe dans des hubs régionaux comme Dubaï et Abou Dhabi ont reculé en raison du conflit, affectant des groupes comme LVMH ainsi que ses concurrents Kering SA (EU:KER) et Hermès (EU:RMS).

Au Mall of the Emirates de Dubaï, les ventes de produits de luxe auraient chuté jusqu’à 50% en mars, tandis que la fréquentation du Dubai Mall a reculé dans des proportions similaires. À la Galleria d’Abou Dhabi, les ventes ont diminué d’environ 10%.

Bien que le Moyen-Orient représente une part relativement limitée des revenus de LVMH, les analystes cités par Reuters estiment que l’impact sur les bénéfices—publiés semestriellement—pourrait être plus important.

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