Michelin (EU:ML) a indiqué mercredi que ses résultats du premier trimestre 2026 devraient refléter un début d’année difficile, avec des volumes de pneus en baisse, une contribution des prix devenue négative et des pressions persistantes liées aux devises.
Le fabricant français de pneus a déclaré que les volumes de ventes aux distributeurs ont reculé dans une fourchette de “faible à moyenne à un chiffre” au premier trimestre. Ce recul intervient malgré des comparaisons annuelles plus favorables, ce qui indique que la demande reste faible dans plusieurs segments clés, notamment les pneus pour voitures particulières et utilitaires légers, les véhicules commerciaux et l’activité agricole Beyond Road en Amérique du Nord.
Michelin a précisé que le marché des pneus de remplacement a montré une certaine résistance, le segment grand public revenant à une “croissance modeste”. Toutefois, cette amélioration n’a pas suffi à compenser la faiblesse observée dans d’autres activités du groupe.
La contribution des prix, qui avait soutenu les résultats en 2025 avec un impact positif d’environ 3 %, est devenue négative au cours du trimestre. Cette évolution reflète les mécanismes d’indexation contractuelle qui ajustent automatiquement les prix en fonction de la baisse des coûts des matières premières, ainsi que la capacité limitée à répercuter les coûts liés aux droits de douane américains dans un marché de plus en plus concurrentiel.
L’effet de mix produit reste un facteur de soutien partiel, grâce à la demande plus forte pour les pneus premium de marque Michelin et les modèles de 18 pouces et plus.
Les fluctuations de change continuent également de peser. Michelin a indiqué que la pression liée aux devises au cours du trimestre était “comparable à” celle observée au quatrième trimestre 2025, lorsque l’impact avait atteint 346 millions d’euros, soit 4,9 % des ventes nettes. L’entreprise précise qu’une variation d’un centime du taux de change dollar-euro a un impact d’environ 30 millions d’euros sur le résultat opérationnel.
La direction n’a fourni aucun détail supplémentaire concernant les conséquences du conflit au Moyen-Orient, indiquant qu’aucune pénurie d’approvisionnement n’a été constatée pour le moment, tout en restant attentive à l’évolution de la situation.
Une mise à jour sur les perspectives de coûts des intrants — incluant les matières premières, l’énergie et le fret — sera publiée en même temps que les résultats de ventes du premier trimestre le 29 avril.
Michelin a maintenu ses prévisions de volumes pour l’ensemble de l’année, anticipant une amélioration progressive en 2026. Les volumes devraient devenir “légèrement positifs” au deuxième trimestre et s’améliorer plus nettement au second semestre, avec un objectif de légère croissance sur l’année complète.
Les analystes de Barclays, qui recommandent Michelin à “sous-pondérer” avec un objectif de cours de 25 € contre un dernier cours de clôture de 29,22 €, ont estimé que cette mise à jour était “conforme aux communications récentes”, tout en soulignant que la combinaison de volumes faibles, de pressions sur le prix-mix et d’effets de change constitue un triple vent contraire qui ne devrait pas s’atténuer avant le milieu de l’année.
Les actions de l’entreprise progressaient de 4,7 % à 10:07 GMT.

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