L’inflation dans la zone euro s’est accélérée en mars en raison de la hausse des coûts de l’énergie liée au conflit avec l’Iran, même si l’augmentation a été légèrement inférieure aux attentes des économistes.
Les prix à la consommation dans les 21 pays utilisant l’euro ont augmenté de 2,5 % sur un an en mars, contre 1,9 % en février, un mois qui précédait en grande partie l’intensification du conflit au Moyen-Orient. Les économistes avaient anticipé une inflation de 2,6 %.
Le chiffre reste néanmoins nettement supérieur à l’objectif d’inflation de 2 % fixé par la Banque centrale européenne. Ces derniers jours, des responsables de la BCE ont indiqué que des hausses de taux d’intérêt pourraient être envisagées pour répondre aux pressions inflationnistes provoquées par l’offensive conjointe des États-Unis et d’Israël contre l’Iran lancée fin février.
La flambée des prix du pétrole et du gaz est devenue l’un des traits marquants du conflit. Les coûts de l’énergie dans la zone euro ont augmenté de 4,9 % en mars, reflétant les tensions sur les marchés énergétiques. La fermeture effective du détroit d’Ormuz — une voie maritime stratégique au large de la côte sud de l’Iran par laquelle transite environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole — a perturbé les flux énergétiques mondiaux.
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, l’Europe dépend également davantage des importations de gaz naturel en provenance du Golfe persique. Des installations de production dans la région ont récemment été ciblées par des frappes aériennes iraniennes, ce qui accentue l’incertitude sur les marchés de l’énergie.
Bien qu’en théorie la BCE puisse ignorer les chocs ponctuels sur les prix, la présidente Christine Lagarde a indiqué que la banque centrale est prête à agir même si les pressions inflationnistes ne devaient pas être particulièrement persistantes. Les responsables souhaitent notamment éviter que la hausse des prix de l’énergie ne se diffuse à l’ensemble de l’économie.
Les prix des services — une composante majeure des données d’inflation d’Eurostat et un facteur clé de l’inflation domestique — ont légèrement ralenti, atteignant 3,2 % en mars, contre 3,4 % le mois précédent.
La BCE, qui se réunira à nouveau le 30 avril, est désormais largement attendue pour relever ses taux d’intérêt à trois reprises cette année, la première hausse pouvant intervenir dès le mois prochain ou en juin.
« Plus le choc dure longtemps, plus le risque d’effets de second tour entraînant une inflation plus élevée et plus généralisée est important », a déclaré Bert Colijn, économiste en chef pour les Pays-Bas chez ING, dans une note.
« À l’avenir, on ne peut pas considérer la hausse des prix de l’énergie de manière isolée. Tout tourne autour du Moyen-Orient, qui domine les perspectives d’inflation, et pas seulement en ce qui concerne les prix de l’énergie ; il faut également s’attendre à des risques haussiers pour les prix alimentaires et ceux des biens en raison des pénuries d’engrais et des perturbations plus larges des chaînes d’approvisionnement liées à la guerre ».

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