Le pétrole se maintient au-dessus de 110 dollars alors que le conflit au Moyen-Orient alimente la forte hausse de mars

Les prix du pétrole sont restés au-dessus de 110 dollars le baril mardi, les marchés évaluant à la fois l’incendie d’un pétrolier près de Dubaï et les informations selon lesquelles le président américain Donald Trump envisagerait de mettre fin aux opérations militaires contre l’Iran.

À 04h49 ET (08h49 GMT), les contrats à terme sur le Brent pour livraison en mai, référence mondiale du pétrole, progressaient de 0,1 % à 112,87 dollars le baril, tandis que les contrats à terme sur le West Texas Intermediate (WTI) reculaient de 0,4 % à 102,49 dollars le baril.

Le brut avait initialement bondi plus tôt dans la séance après qu’un pétrolier koweïtien a pris feu près du port de Dubaï. Le propriétaire du navire a indiqué que l’incendie avait été provoqué par une attaque iranienne.

Les prix se sont ensuite légèrement modérés après un article du Wall Street Journal affirmant que Trump avait indiqué à ses conseillers qu’il pourrait être disposé à réduire la campagne militaire contre l’Iran même si le détroit d’Ormuz restait fermé. Selon le journal, Trump et son équipe ont estimé qu’une opération visant à rouvrir cette voie maritime stratégique dépasserait largement le délai initial de quatre à six semaines prévu pour le conflit.

L’administration américaine pourrait plutôt chercher à réduire les opérations militaires après avoir atteint ses principaux objectifs, notamment affaiblir la marine iranienne et réduire ses capacités de missiles. Washington tenterait ensuite de faire pression sur Téhéran par des moyens diplomatiques pour rouvrir le détroit et pourrait également encourager les alliés européens et du Golfe à mener ces efforts, selon le rapport.

Une réduction des opérations militaires américaines contre l’Iran pourrait signaler certains progrès vers une désescalade du conflit, d’autant plus que Téhéran a déjà demandé une telle démarche avant toute négociation directe avec Washington.

Cependant, une fermeture prolongée du détroit d’Ormuz continuerait probablement de perturber les approvisionnements mondiaux en pétrole, étant donné qu’environ 20 % du brut mondial transitent par ce passage stratégique.

Le pétrole en route vers l’une de ses plus fortes hausses mensuelles jamais enregistrées

Le Brent et le WTI sont tous deux en voie d’enregistrer une hausse spectaculaire en mars, avec des prix susceptibles d’augmenter entre 50 % et 54 %, ce qui représenterait l’une des plus fortes progressions mensuelles jamais observées sur les marchés pétroliers.

Cette hausse reflète l’augmentation des primes de risque et les craintes de perturbations de l’approvisionnement liées au conflit avec l’Iran. Téhéran a effectivement bloqué le détroit d’Ormuz tout en ciblant des pétroliers et des infrastructures énergétiques dans plusieurs pays du Golfe persique, alimentant les inquiétudes concernant des pénuries prolongées de pétrole.

Plusieurs pays du Golfe ont temporairement suspendu leur production et leurs expéditions de pétrole au cours du mois dernier à mesure que le conflit s’intensifiait.

Des signaux contradictoires concernant l’évolution du conflit ont également contribué à la volatilité des marchés pétroliers. Les responsables iraniens ont affirmé à plusieurs reprises qu’aucune négociation directe avec les États-Unis n’avait eu lieu depuis le début de la guerre, contredisant les déclarations de Washington selon lesquelles les discussions progressaient.

Par ailleurs, les États-Unis auraient déployé des milliers de soldats supplémentaires au Moyen-Orient. Le président Trump a également réitéré ses menaces de frapper les infrastructures énergétiques de l’Iran et potentiellement ses infrastructures hydrauliques si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert d’ici le 6 avril.

Les efforts diplomatiques pour résoudre le conflit se poursuivent, le Pakistan ayant proposé d’accueillir des pourparlers régionaux de cessez-le-feu à Islamabad.

Au cours du week-end, le mouvement houthiste du Yémen, allié de l’Iran, est entré dans le conflit en lançant des attaques contre Israël, alimentant les craintes d’une nouvelle escalade régionale, notamment en raison de la capacité du groupe à attaquer les navires transitant par la mer Rouge.

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