Vivendi SA (EU:VIV) a annoncé un retour au bénéfice net pour l’exercice 2025, mais le groupe a indiqué que la valeur de marché de sa participation dans Universal Music Group (EU:UMG) avait diminué de 720 millions d’euros depuis la fin de l’année, ce qui a entraîné une baisse de plus de 3 % de son action vendredi.
La société française de médias a enregistré un bénéfice net de 20 millions d’euros pour l’exercice clos le 31 décembre, après une perte de 6 milliards d’euros en 2024 principalement liée à des pertes en capital consécutives aux scissions de Canal+, Louis Hachette Group et Havas.
Le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 3,5 % pour atteindre 307 millions d’euros, soutenu par Gameloft, désormais la seule activité opérationnelle entièrement consolidée du groupe. La division jeux vidéo a presque doublé son EBITA à 15 millions d’euros contre 8 millions un an plus tôt, les cinq principaux titres représentant 62 % des revenus de l’unité.
Cependant, la rentabilité sous-jacente reste sous pression. Vivendi a affiché un EBITDA négatif de 49 millions d’euros, tandis que son EBITA de 45 millions d’euros provient entièrement de 129 millions d’euros de résultats mis en équivalence issus d’Universal Music Group, dans lequel Vivendi détient une participation de 9,91 %.
Le directeur général Arnaud de Puyfontaine a déclaré aux analystes jeudi : « La tendance du cours de l’action ces dernières semaines a été plutôt décevante… à ce niveau de prix et comparé aux objectifs de cours des principaux analystes, nous sommes loin de la véritable valeur de l’entreprise. »
Les actions d’UMG sont passées d’environ 22 euros à la fin de l’année à près de 18 euros au moment de la conférence. Cette participation représente 4,04 milliards d’euros sur le portefeuille coté total de Vivendi, évalué à 5,53 milliards d’euros.
Ce portefeuille sert de garantie à des accords de financement structuré bilatéraux d’un montant de 1,35 milliard d’euros conclus avec cinq banques, avec un ratio prêt/valeur de 53 %. Le financement arrive à échéance en septembre 2026 et peut être prolongé jusqu’en décembre 2027 sous réserve de l’accord des banques. Un dépassement du seuil de 65 % du ratio prêt/valeur entraînerait des appels de marge.
Le directeur financier François Laroze a déclaré : « Nous avons 181 millions d’actions. Cela représente donc une réduction de 720 millions d’euros de notre portefeuille. »
La dette financière nette de Vivendi a reculé de 42 % pour atteindre 1,5 milliard d’euros après la cession de l’intégralité de ses participations dans Telecom Italia pour 1,14 milliard d’euros et dans Telefonica pour 251 millions d’euros.
Les flux de trésorerie provenant des opérations ont atteint 68 millions d’euros. Les coûts du siège ont également diminué, passant de 126 millions d’euros à 99 millions d’euros, la direction visant une nouvelle réduction de 20 % d’ici 2027. Le conseil d’administration a proposé un dividende de 0,04 euro par action, payable le 24 avril.
Vivendi fait par ailleurs l’objet d’une enquête de la Commission européenne concernant son acquisition de Lagardère, avec des amendes potentielles pouvant atteindre jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires mondial. Par ailleurs, une audience devant un tribunal parisien est prévue le 22 mai afin de déterminer si le groupe Bolloré doit lancer une offre publique obligatoire de rachat des actions Vivendi.
Après la clôture de l’exercice, Vivendi a indiqué avoir entamé des discussions pour acquérir la division luxe de Prisma Media et prendre une participation de 14 % dans Prisma Group, avec une finalisation de l’opération visée d’ici la mi-2026.

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