Schneider Electric SE (EU:SU) a annoncé un chiffre d’affaires annuel record dépassant pour la première fois les 40 milliards d’euros en 2025, porté par une forte demande liée aux centres de données qui a soutenu un quatrième trimestre solide et permis au groupe de fixer des objectifs ambitieux de croissance des profits pour 2026.
Le groupe français spécialisé dans les technologies énergétiques a enregistré un chiffre d’affaires annuel de 40,15 milliards d’euros, un niveau historique. Le chiffre d’affaires organique a progressé de 8,9 % sur un an, tandis que la croissance publiée s’est établie à 5,2 %. Les ventes du quatrième trimestre ont atteint 11,1 milliards d’euros, en hausse organique de 10,7 %, constituant la meilleure performance trimestrielle de l’histoire de l’entreprise.
Parallèlement à la publication des résultats, Schneider Electric a annoncé que la directrice financière Hilary Maxson quittera ses fonctions le 5 avril. Nathan Fast, actuellement responsable des relations investisseurs, lui succédera à compter du 6 avril.
Le résultat opérationnel ajusté avant intérêts, impôts et amortissements (EBITA ajusté) a progressé de 12,3 % en organique pour atteindre 7,52 milliards d’euros, avec une marge en hausse de 50 points de base à 18,7 %. La marge brute a toutefois reculé de 40 points de base en organique, à 42,1 %, sous l’effet de la hausse des coûts des matières premières, d’un impact tarifaire estimé à 160 millions d’euros et d’un mix produit davantage orienté vers des systèmes à forte croissance mais à plus faible marge.
Le flux de trésorerie disponible a atteint un niveau record de 4,64 milliards d’euros, en hausse de 10 %, avec un taux de conversion de trésorerie équivalant à 111 % du résultat net. Le bénéfice net a reculé de 2 % à 4,16 milliards d’euros, pénalisé par une dépréciation de 388 millions d’euros liée à la participation du groupe dans Uplight, 287 millions d’euros de coûts de restructuration et 519 millions d’euros de charges financières nettes, en hausse de 110 millions d’euros sur un an après un refinancement obligataire.
La demande liée aux centres de données a progressé à un rythme à trois chiffres au quatrième trimestre, tirée par les opérateurs hyperscale et de colocation, l’Amérique du Nord affichant la plus forte dynamique. La France, les pays nordiques et certaines régions d’Asie-Pacifique ont également enregistré une accélération de l’activité. Les clients ont accru leurs achats de tableaux électriques, d’alimentations sans interruption, de racks, de solutions préfabriquées et de systèmes de refroidissement liquide.
La demande dans le segment des bâtiments est restée globalement stable. Le marché résidentiel chinois est demeuré faible, bien que des signes de stabilisation aient émergé en Amérique du Nord.
L’activité Energy Management, qui représente 82 % du chiffre d’affaires du groupe, a progressé de 10,3 % en organique sur l’année pour atteindre 33,13 milliards d’euros. L’activité Industrial Automation a enregistré une croissance organique de 3,0 % à 7,02 milliards d’euros, soutenue par une reprise progressive de l’automatisation discrète au quatrième trimestre.
L’Amérique du Nord est restée la région la plus dynamique, représentant 39 % du chiffre d’affaires annuel et affichant une croissance organique de 15,0 % sur l’année et de 17,8 % au quatrième trimestre. L’Asie-Pacifique a enregistré une croissance organique annuelle de 7,2 %.
Schneider Electric a clôturé l’année 2025 avec un carnet de commandes de 25,36 milliards d’euros, contre 21,42 milliards d’euros un an plus tôt. Le carnet de commandes d’Energy Management a progressé de 21 % à 21,34 milliards d’euros, la croissance la plus marquée provenant des systèmes nord-américains liés aux centres de données, offrant une visibilité jusqu’en 2027 et au-delà.
L’effet prix est resté négatif sur l’ensemble de l’année à hauteur de 179 millions d’euros. Une contribution positive de 76 millions d’euros liée aux prix produits a été plus que compensée par 255 millions d’euros de coûts liés aux matières premières et aux droits de douane. L’entreprise prévoit toutefois de redevenir positive sur l’effet prix en 2026, avec une amélioration progressive au fil de l’année.
Pour 2026, Schneider Electric vise une croissance organique de l’EBITA ajusté comprise entre 10 % et 15 %, soutenue par une hausse organique du chiffre d’affaires attendue entre 7 % et 10 % et une amélioration de marge de 50 à 80 points de base. Cela correspond à une marge d’EBITA ajusté comprise entre environ 19,1 % et 19,4 %.
Les effets de change devraient représenter un vent contraire de 850 à 950 millions d’euros sur le chiffre d’affaires 2026 aux taux actuels, avec un impact négatif estimé à environ 10 points de base sur la marge d’EBITA ajusté.
Le conseil d’administration a proposé un dividende annuel de 4,20 € par action, en hausse de 8 %, soumis à l’approbation des actionnaires le 7 mai. Le bénéfice par action ajusté a progressé de 3 % en données publiées à 8,59 €, soit une croissance organique de 13,6 %.
Le directeur général Olivier Blum a déclaré que l’entreprise aborde 2026 « confiante dans une croissance durable, une expansion des marges et la création de valeur », soutenue par « un solide carnet de commandes, un pipeline d’innovation et une part croissante de revenus récurrents ».

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