Les actions de sociétés françaises exposées au secteur du vin et du champagne ont reculé mardi, après que le président américain Donald Trump a menacé d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 200 % sur ces produits.
Le géant du luxe LVMH (EU:MC) — propriétaire de marques de boissons comme Veuve Clicquot et Krug — perdait plus de 4 % en milieu de matinée sur les marchés européens. D’autres acteurs du secteur ont également reculé, avec Remy Cointreau (EU:RCO) en baisse de 1,9 %, Laurent-Perrier (EU@LPE) en recul de 0,7 %, Maison-Pommery & Associés (EU:POMRY) en baisse de 0,4 % et Lanson BCC (EU:ALLAN) en repli de 0,3 %.
Donald Trump a laissé entendre que ces droits de douane particulièrement élevés pourraient servir de levier pour inciter le président français Emmanuel Macron à rejoindre son projet de « Conseil de la paix », destiné selon lui à résoudre des conflits mondiaux.
Cette initiative du Conseil de la paix a suscité des inquiétudes parmi les diplomates, certains craignant que les États-Unis ne cherchent à affaiblir l’influence des Nations unies. Selon les informations rapportées, l’instance serait présidée à vie par Trump, commencerait par s’attaquer au conflit à Gaza, puis élargirait son champ d’action à d’autres dossiers internationaux.
À moins qu’une contribution de 1 milliard de dollars ne soit versée pour financer les activités du Conseil, la durée du mandat des pays membres serait limitée à trois ans, a rapporté Reuters. Des diplomates cités par l’agence ont indiqué qu’environ 60 pays auraient été invités par Trump à rejoindre l’initiative. Toutefois, selon une source proche d’Emmanuel Macron, le dirigeant français devrait décliner l’invitation.
Interrogé à ce sujet, Trump a déclaré : « J’imposerai des droits de douane de 200 % sur ses vins et ses champagnes, et il rejoindra le Conseil, mais il n’est pas obligé de le faire. »
Cette menace tarifaire constitue la dernière salve commerciale lancée par Trump contre l’Europe ces derniers jours. Il a également affirmé qu’il imposerait des droits de douane de 10 % à plusieurs pays européens si les États-Unis n’étaient pas autorisés à prendre le contrôle du Groenland, territoire danois semi-autonome. Ces droits grimperaient à 25 % en juin si ces exigences ne sont pas satisfaites, a-t-il ajouté.
Des dirigeants européens ont qualifié ces mesures de forme de chantage et examineraient actuellement leur riposte, y compris un vaste ensemble de droits de douane pouvant atteindre 93 milliards d’euros sur des produits américains. La France et l’Allemagne ont par ailleurs appelé l’Union européenne à envisager l’activation d’un instrument anti-coercition économique, qui pourrait restreindre l’accès des États-Unis au marché de l’UE, collectivement la troisième économie mondiale.

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